Incendie Vincent-Auriol: Une association et une entreprise condamnées à 60.000 euros d'amende

JUSTICE Les deux personnes morales sont aussi condamnées à verser des centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts...

© 2012 AFP

— 

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi à 60.000 euros d'amendes et à des centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts une association et une entreprise en bâtiment pour l'incendie en 2005 d'un immeuble parisien vétuste, qui avait fait 17 morts dont 14 enfants.
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi à 60.000 euros d'amendes et à des centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts une association et une entreprise en bâtiment pour l'incendie en 2005 d'un immeuble parisien vétuste, qui avait fait 17 morts dont 14 enfants. — Emmanuel Sansy afp.com

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi à 60.000 euros d'amendes et à des centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts une association et une entreprise en bâtiment pour l'incendie en 2005 d'un immeuble parisien vétuste, qui avait fait 17 morts dont 14 enfants.

L'association qui gérait cet immeuble du boulevard Vincent-Auriol (13e arrondissement), «France Euro Habitat» (Freha), spécialisée dans le logement social et affiliée à Emmaüs, se voit condamnée à 30.000 euros d'amende, et l'entreprise Paris banlieue construction (PBC), qui y avait effectué des travaux, à également 30.000 euros d'amende. Les deux personnes morales devront aussi payer plusieurs centaines de milliers d'euros de dommages et intérêts, selon la lecture du jugement.

Victimes et condamnés «frustrés»

Sans surprise, victimes et condamnés se sont dites «frustrés» jeudi par le jugement prononcé, tout le monde regrettant notamment que le ou les pyromanes n'aient jamais été retrouvés.

Au procès, qui s'était tenu en septembre-octobre 2011, le parquet avait requis 35.000 euros d'amende à l'encontre de Freha, 55.000 euros contre l'entreprise PBC. Le procureur avait mis en avant des «négligences graves», en reprochant en particulier aux prévenus d'avoir posé sur les murs de la cage d'escalier du contreplaqué, hautement inflammable, qui avait transformé l'immeuble «en cercueil». Les panneaux de bois devaient au départ empêcher les enfants de tomber malades, le plomb présent dans les murs du vieil immeuble menaçant ses occupants de saturnisme. L'accusation avait aussi mis en avant le non respect d'autres «normes élémentaires de sécurité», l'absence d'extincteurs ou de consignes incendie.

Procès de «lampistes»

Selon les experts, le feu avait pris sous l'escalier, où étaient rangées des poussettes. Les flammes, attisées par le revêtement de contreplaqué, s'étaient engouffrées dans les appartements dont les portes et fenêtres étaient ouvertes. Il y avait dans le bâtiment environ 130 personnes, originaires de Côte d'Ivoire et du Mali principalement, en attente de relogement et installées «provisoirement» dans cet immeuble depuis une quinzaine d'années.

La défense de Freha et de l'entreprise en bâtiment avait déploré que l'Etat n'ait pas été poursuivi dans cette affaire, pour avoir failli à son engagement de reloger ces familles. Certains avocats des familles des victimes ont eux-mêmes parlé d'un procès de «lampistes» et de «prévenus par défaut».