Bernard Squarcini, «l'espion» de Nicolas Sarkozy

RENSEIGNEMENT La DCRI serait ainsi «un outil», «au service d’un clan»...

Enora Ollivier

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Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, à Paris le 17 janvier 2012, lors de la remise du rapport sur les chiffres de la criminalité pour l'année 2011.
Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, à Paris le 17 janvier 2012, lors de la remise du rapport sur les chiffres de la criminalité pour l'année 2011. — AFP PHOTO/ MARTIN BUREAU

Un homme à la solde du chef de l’Etat, expert en coups tordus et en pratiques illégales: L’espion du président dresse un portrait glaçant du patron de la DCRI, Bernard Squarcini.

Dans le livre, qui sort ce jeudi (Editions Robert Laffont), les journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé accusent le chef du renseignement intérieur français d’être «instrumentalisé» par l’Elysée.

«Je démens que la DCRI soit un instrument politique»

La DCRI, née en 2008 de la fusion des RG et de la DST, serait ainsi, selon l’hebdomadaire Le Point - où travaillent deux des auteurs de l’ouvrage – un «outil», «utilisé au service d’un clan». Comprendre le clan Sarkozy, qui a décidé de la création de ce «FBI à la française».

Les membres de la DCRI n’hésitent pas, au cours d‘«opérations spéciales», à entrer en toute illégalité «n’importe où, pour aller siphoner un ordinateur ou poser des micros», écrivent les journalistes. Selon eux, Bernard Squarcini autorise également le placement sur écoute de personnalités politiques.

«Je ne suis l’espion de personne», a réagi Bernard Squarcini, mercredi auprès de l’AFP. Claude Guéant a commenté à son tour les informations du livre ce jeudi matin: «Je démens que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir», a indiqué le ministre de l’Intérieur sur France Inter. Selon lui, il est par ailleurs «absolument faux» de dire que la DCRI «écoute des personnalités politiques».