Sarkozy joue la paix sociale

Delphine Bancaud

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Hier, lors du sommet sur la crise qui se tenait à l'Elysée.
Hier, lors du sommet sur la crise qui se tenait à l'Elysée. — POOL / REUTERS

Sans surprise, Nicolas Sarkozy s'est contenté d'annoncer les mesures d'urgence pour l'emploi hier, à l'issue du sommet sur la crise. Les décisions plus délicates, notamment sur la TVA sociale et la flexibilité du temps de travail, ayant été reportées à la fin janvier.

430 millions d'euros pour l'emploi
Au terme de quatre heures de vifs échanges avec les syndicats, le chef de l'Etat a précisé qu'un effort budgétaire de 430 millions d'euros serait effectué pour « protéger l'emploi ». Environ 100 millions d'euros seront ainsi consacrés au développement du chômage partiel et 40 millions à la formation des salariés en chômage partiel. Reprenant l'idée du rapport du député UMP, Alain Joyandet, sur l'emploi des jeunes, Nicolas Sarkozy a également annoncé la mise en œuvre d'exonération de charges pendant six mois pour l'embauche de jeunes de moins de 26 ans dans des TPE, qui coûtera 100 millions. Autre cheval de bataille : la formation des chômeurs, particulièrement ceux qui le sont depuis plus de deux ans, va être renforcée grâce à une enveloppe de 150 millions d'euros. « Tous, sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation pour ceux qui sont éloignés de l'emploi […], soit un contrat aidé », a déclaré Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, Pôle emploi va recruter 1 000 nouveaux CDD pour un coût de 39 millions d'euros. Autant de mesures consensuelles qui ont obtenu l'assentiment des participants. Néanmoins, elles ont été jugées trop tardives par le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, ou insuffisantes par celui de la CGT, Bernard Thibault. Mais les syndicats ont quitté l'Elysée avec l'impression d'être laissés à l'écart des décisions les plus importantes. La CGT a d'ailleurs appelé « à la poursuite d'une mobilisation » pour défendre le droit social.