Un an après l'affaire Perrais, les juges attendent les promesses

JUSTICE Les contrats de 400 vacataires ont pris fin en décembre...

William Molinié

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Le monde judiciaire s'était mobilisé.
Le monde judiciaire s'était mobilisé. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il y a un an, le meurtre de Laetitia Perrais près de Pornic (Loire-Atlantique) déclenchait l'ire de la magistrature après que Nicolas Sarkozy avait dénoncé à chaud (et à tort) des «dysfonctionnements graves».

Selon lui, la justice avait permis la remise en liberté de Tony Meilhon, le principal suspect. Colère du monde judiciaire qui avait alors bloqué pendant une semaine les tribunaux, regrettant le manque de moyens. Les juges n'avaient repris le chemin du prétoire qu'après une série d'annonces du garde des Sceaux, prévoyant le renfort de 400 vacataires dans les services d'application des peines. Depuis, le ministère se targue d'avoir fait baisser de 15% le nombre de peines en attente d'exécution. «Les vacataires ont déchargé le travail des juges. Mais ces contrats ont pris fin en décembre. On va à nouveau se retrouver en difficulté et sinistrés , avertit Ludovic Fossey, secrétaire général de l'Association nationale des juges d'application des peines (ANJAP).

Ministère et magistrats ont fini par s'entendre pour qu'une loi garantisse l'exécution des peines, en réduisant le nombre de dossiers par juge à moins de 800. «Certes, elle prévoit d'augmenter le nombre de juges. Mais on arrivera tout juste au même niveau qu'avant la suppression des postes», nuance Matthieu Bonduel, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, classé à gauche. Cette loi de programmation, qui prévoit la création de 120 postes de magistrats, ne sera pas effective avant 2013.