«Injure» à son employeur sur Facebook: Le salarié de Webhelp condamné

JUSTICE En novembre 2010, le salarié avait posté sur la page Facebook de la CGT-FAPT Webhelp: «Journée de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde», au lendemain de l'annonce aux salariés du site du suicide d'une collègue en télétravail...

Bérénice Dubuc
— 
La page d'accueil de Facebook sur un écran d'ordinateur, le 21 avril 2010.
La page d'accueil de Facebook sur un écran d'ordinateur, le 21 avril 2010. — REUTERS/Thierry Roge

Le salarié de l'opérateur de centres d'appels Webhelp de Caen, poursuivi par son employeur pour «injure publique» sur Facebook, a été jugé coupable ce mardi par le tribunal correctionnel de Paris, rapporte le site Internet de France 3. La 17e chambre correctionnelle a estimé dans son jugement que les propos reprochés au salarié étaient injurieux pour la direction de Webhelp.

En novembre 2010, des propos jugés injurieux avaient été postés sur la page Facebook de la CGT-FAPT Webhelp: «Journée de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde», postée au lendemain de l'annonce aux salariés du site de Caen du suicide d'une collègue en télétravail, et «Je n'aime pas les petits chefaillons qui jouent aux grands».

Des phrases postées dans un «contexte particulier»

Eric Blanchemain, délégué syndical et membre du  Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), a reconnu  lors de l'audience du 22 novembre dernier avoir posté ces phrases dans ce «contexte particulier». L'opérateur a porté plainte contre le délégué syndical après l'avoir mis à pied pendant cinq jours.

«Les expressions incriminées excèdent les limites de la critique admissible, y compris lorsqu'elle s'exerce dans un cadre syndical», a jugé ce mardi la 17e chambre correctionnelle. Eric Blanchemain a été condamné à 500 euros d'amende avec sursis, et à verser un euro de dommages et intérêts à chacune des trois parties civiles (Webhelp, Webhelp Caen et sa supérieure hiérarchique). Le tribunal a également ordonné la publication du jugement sur le panneau syndical de la société, aux frais du prévenu, dans la limite de 150 euros.

L'avocat de la défense, Me Parvex, avait demandé la relaxe d'Eric Blanchemain. Les deux hommes disposent de quinze jours pour faire appel de ce jugement, ce qui, pour l'instant n'est pas exclu.