Affaire Kulik: Dix ans après, une nouvelle technique ADN permet d'identifier un meurtrier déjà mort

ENQUÊTE a «plus jeune banquière de France» avait été violée et étranglée en 2002...

William Molinié

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L'affaire Elodie Kulik a refait surface ce lundi dans les couloirs du tribunal de grande instance  d’Amiens (Somme). Plus de dix ans après les faits, le violeur de cette jeune femme de 24 ans a été confondu par son ADN, a révélé le procureur de la République. Grégory Wiart, 32 ans, n’ira pas en prison: il était décédé un an après les faits.

Cette macabre histoire remonte au 10 janvier 2002. Cette jeune directrice d’agence bancaire à Péronne passe la soirée dans un restaurant avec un ami. Mais à 00h20, les pompiers reçoivent un appel brusquement coupé après des hurlements. Plusieurs voix d’hommes sont entendues. Son corps est retrouvé dénudé dans une décharge de Tertry le 12 janvier. L’autopsie révèle qu’elle a été violée et étranglée. Un préservatif est retrouvé à côté du cadavre. Il contient du sperme, celui de l’auteur.

L’enquête relancée

S’ensuit alors une enquête, qualifiée hier par un gendarme de «titanesque». Près de 620 hypothèses de travail sont établies en l’espace de dix ans. Environ 5.500 prélèvements d’ADN sont effectués sur des hommes de la région et susceptibles d’avoir été présents sur les lieux du meurtre. Sans rien donner de probant.

Du coup, les enquêteurs d’Amiens tentent «une recherche en parentalité», une technique utilisée aux Etats-Unis. «C’est une première en France. On a recherché une personne de la famille de l’ADN du sperme retrouvé sur la victime. Le fichier a sorti un profil génétique qui s’est avéré être le père de l’auteur du viol», détaille Yvan Malgorn, chef de la division criminalistique et identification humaine à l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

Ce lundi, les gendarmes ont entendu en temps que témoin dix des proches de Grégory Wiart. «L’idée est de reconstituer son environnement social d’alors», confie l’un d’entre eux. Mais la tâche s’avère compliquée. Car si les enquêteurs sont persuadés qu’il y avait plusieurs hommes lors du meurtre, ils sont incapables d’en donner le nombre. Dix ans après, ils espèrent que les langues vont se délier.