Mort par asphyxie d'Hakim Ajimi: Ouverture du procès de sept policiers

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"La faute a été reconnue, mais la peine ne suit pas: j'ai perdu un enfant et eux, ils prennent du sursis", a déploré devant les journalistes Boubaker Ajimi, le père de la victime. "Ils vont pouvoir continuer à travailler (comme avant). Il y a une justice à deux vitesses: une justice première classe et une justice deuxième classe, c'est pas normal". "De toutes façons, on continue le combat, c'est pas fini, pour que ce genre de choses n'arrive plus à personne", a-t-il assuré.
"La faute a été reconnue, mais la peine ne suit pas: j'ai perdu un enfant et eux, ils prennent du sursis", a déploré devant les journalistes Boubaker Ajimi, le père de la victime. "Ils vont pouvoir continuer à travailler (comme avant). Il y a une justice à deux vitesses: une justice première classe et une justice deuxième classe, c'est pas normal". "De toutes façons, on continue le combat, c'est pas fini, pour que ce genre de choses n'arrive plus à personne", a-t-il assuré. — Valery Hache afp.com

Le procès de sept policiers pour homicide involontaire ou non assistance à personne en danger, près de quatre ans après la mort par asphyxie du jeune Hakim Ajimi lors d'une interpellation mouvementée, s'est ouvert lundi matin dans le calme, à Grasse.

«La justice attend la sérénité de chacun d'entre vous», a lancé d'emblée le président du tribunal correctionnel, Franck Robail, en convenant que «ce n'est pas un procès ordinaire» compte tenu de la «gravité des faits» et de l'implication de policiers exerçant «un métier particulièrement difficile». Sur le banc des prévenus, sept policiers dont deux femmes. La plupart exercent encore leur métier à Grasse, la petite ville des Alpes-Maritimes où Hakim Ajimi est mort le 9 mai 2008 à l'âge de 22 ans.

Clef de bras au cou avec trop de force et trop longtemps

Les rapports d'expertise médicale ont conclu que le décès du jeune homme était dû à une asphyxie mécanique, résultat d'une compression thoracique et d'une clef de bras au cou pratiquée par deux policiers avec trop de force et durant trop longtemps. Hakim avait été entravé par des menottes aux pieds et aux mains, après avoir résisté à deux agents de la brigade anti-criminalité (Bac), alors qu'il rentrait chez lui peu après une altercation avec son banquier. Après avoir résisté et blessé l'un des policiers, il s'était retrouvé face contre le sol. Un policier avait pratiqué une clef d'étranglement, son collègue blessé s'était assis sur son dos à califourchon.

Les deux hommes, aujourd'hui âgés de 41 ans et 36 ans, encourent trois ans de prison pour «homicide involontaire». Hakim avait été embarqué sans ménagement, inconscient ou déjà mort, dans le véhicule de police-secours. Cinq autres policiers impliqués devront répondre lundi de «non assistance à personne en danger» (passible de 5 ans de prison).

La première journée du procès, qui pourrait durer une semaine, doit détailler le parcours professionnel des policiers et donner la parole à la famille de la victime. Un instructeur d'une école de police viendra en outre exposer les méthodes d'immobilisation enseignées aux forces de l'ordre. Cette question sera fondamentale dans les débats. La défense entend plaider que les policiers n'ont fait qu'appliquer les techniques apprises. Les avocats de la famille arguent eux que la clef d'étranglement fatale n'était pas nécessaire, Hakim ayant été menotté aux pieds et aux mains.