Iacono «innocenté» mais réincarcéré: La Commission de révision doit trancher

JUSTICE L'ex-maire de Vence devrait savoir s'il va sortir de prison, plusieurs mois après la rétractation de son petit-fils et accusateur...

© 2012 AFP

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Le parquet va demander lundi à la commission de révision de rejeter la requête en suspension de peine de Christian Iacono, condamné pour le viol de son petit-fils qui a depuis retiré ses accusations, a indiqué le parquet général de la Cour de cassation, confirmant une information de Nice Matin.
Le parquet va demander lundi à la commission de révision de rejeter la requête en suspension de peine de Christian Iacono, condamné pour le viol de son petit-fils qui a depuis retiré ses accusations, a indiqué le parquet général de la Cour de cassation, confirmant une information de Nice Matin. — Valery Hache afp.com

L'ex-maire de Vence Christian Iacono, condamné pour le viol de son petit-fils avant que celui-ci retire ses accusations, verra ce lundi sa demande de suspension de peine examinée par la Commission de révision, alors qu'il vient d'être réincarcéré à Grasse (Alpes-Maritimes).

«Cela fait onze ans que je dis que je suis complètement innocent», a répété le septuagénaire le 9 janvier juste avant sa réincarcération, la quatrième en dix ans. «Je pars avec l'espoir que ce sera une détention de courte durée», a ajouté cet ancien radiologue qui bénéficiait depuis le 22 juin d'une liberté provisoire. «A priori, il ne sera pas extrait» pour pouvoir assister à l'examen de sa requête, ce lundi à 14h à Paris, «sa présence n'est pas obligatoire», a précisé à l'AFP Me Gérard Baudoux, l'un de ses avocats.

Le petit-fils veut voir son grand-père

La Commission de révision des condamnations pénales n'aura cette fois à examiner qu'une requête en suspension de peine. Elle peut statuer le jour-même ou mettre sa décision en délibéré. La requête en révision du procès de Christian Iacono, déposée en même temps, n'a elle pas encore été audiencée.

Quelques jours après la réincarcération de son grand-père, Gabriel Iacono, l'ex-accusateur, était cette semaine pétri de sentiments contradictoires. «Je suis optimiste... mais un peu désespéré aussi», a-t-il déclaré à l'AFP, se disant cependant confiant dans l'objectivité de la Commission de révision.

L'étudiant, âgé de 20 ans, a dit vouloir envoyer une «lettre de rétractation complète» «à la Chancellerie, au président (de la République), aux parquets d'Aix et de Grasse» pour prouver sa bonne foi, et a fait part de son désir d'être auditionné par la Commission de révision. Quelle que soit la décision prise ce lundi à Paris, le jeune homme, qui sur ordre de la justice n'a pour l'instant pas le droit d'approcher son grand-père, dit qu'il cherchera à le rencontrer, et à obtenir son pardon. «Dans le cas où je ne pourrai pas (le rencontrer), je lui écrirai». «Et dans le cas où ils le gardent en prison, je ferai une grève de la faim pour faire (...) bouger la justice», a promis cet étudiant en droit de la faculté de Nice.

Le père « fait confiance à la justice»

Gabriel Iacono est aujourd'hui confronté à l'ire de son propre père Philippe, en conflit depuis des années avec son père Christian. Ce dernier est persuadé d'avoir été victime d'un complot ourdi par son fils qui aurait, selon lui, manipulé l'enfant. Peu avant son premier procès, l'ancien maire de Vence évoquait l'appartenance des parents de Gabriel à une secte, une piste explorée par les enquêteurs mais jugée depuis «fantaisiste».

Interrogé par France Bleu Champagne cette semaine, Philippe Iacono, chercheur à Reims, a dit faire «confiance» à la justice. «Il y a une rétractation et je pense que c'est à la justice de l'examiner au plus près (...) Dire que c'est scandaleux [la réincarcération] et que le principal accusé devient innocent, c'est aller un peu vite», a-t-il estimé. «Dès le premier jour, j'ai confié cette affaire, et mon enfant, entre les mains d'experts pour évaluer sa crédibilité (...) et depuis, je fais confiance aux experts, donc bien sûr à la justice», a-t-il ajouté.

11 ans d’accusations

L'affaire avait connu un saisissant rebondissement en mai lorsque Gabriel était subitement revenu sur ses accusations, maintenues pendant onze ans et portant sur des faits qui se seraient déroulés entre 1996 et 1998 dans la villa de Christian Iacono à Vence.

Christian Iacono avait été condamné en avril 2009, puis en appel le 23 février 2011, à neuf ans de prison. Lors de sa rétractation, le jeune homme avait expliqué ses mensonges par sa volonté de «rapprocher (ses) parents après leur divorce et d'être au (coeur) des attentions de tout le monde».

La commission des révisions doit par ailleurs examiner lundi une nouvelle requête en révision de Raphaël Maillant, condamné en 1997 à 17 ans de prison pour le meurtre de son ex-petite amie. La décision devrait être mise en délibéré.