« Il faut blinder les dossiers avant... »

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« Globalement, l'accueil des policiers est bon. Les rapports ont été dédiabolisés. Même si, à la marge, certains continuent à tout faire pour que l'avocat ne vienne pas en garde à vue », analyse Jean-Claude Benhamou, bâtonnier de l'ordre des avocats de Seine-Saint-Denis. La présence de l'avocat avait pour but de faire évoluer les mentalités. Et donc le travail des enquêteurs en passant d'une religion de l'aveu à celle de la preuve. « Du coup, nous devons blinder davantage les dossiers avec des preuves matérielles avant d'interpeller. On sait qu'en présence de l'avocat, il sera plus difficile d'avoir des informations », témoigne un commissaire divisionnaire qui regrette de voir s'accumuler des « paperasses inutiles ». « Le risque, c'est que le délinquant commette davantage de faits avant d'être appréhendé », poursuit un officier. Les robes noires aimeraient aller plus loin encore dans l'esprit de la loi. « Il faut que nous ayons la possibilité de consulter le dossier. Voire de demander une contre-enquête, comme aux Etats-Unis », ajoute Jean-Claude Benhamou.William Molinié