Naufrage du Costa Concordia: La compagnie accuse son commandant

NAUFRAGE Il s'est approché «de manière très maladroite» de l'île du Giglio...

© 2012 AFP

— 

"Il semble que le commandant ait commis des erreurs de jugement qui ont eu de graves conséquences" et que "ses décisions dans la gestion de l'urgence n'aient pas suivi les procédures de Costa Crociere qui sont en ligne avec les standards internationaux", poursuit la compagnie.
"Il semble que le commandant ait commis des erreurs de jugement qui ont eu de graves conséquences" et que "ses décisions dans la gestion de l'urgence n'aient pas suivi les procédures de Costa Crociere qui sont en ligne avec les standards internationaux", poursuit la compagnie. — Enzo Russo afp.com

La compagnie propriétaire du Costa Concordia, dont le naufrage près de l'île italienne du Giglio a fait au moins cinq morts, a accusé dimanche le capitaine d'avoir commis des «erreurs», tant dans la route du navire que la gestion de l'urgence. «De très graves accusations pèsent» sur le commandant Francesco Schettino, a rappelé le leader européen des croisières, dans un long communiqué diffusé dans la soirée. Accusé notamment d'homicides multiples et d'abandon du navire, il a été placé en détention à Grosseto (centre).

«Il semble que le commandant ait commis des erreurs de jugement qui ont eu de graves conséquences» et que «ses décisions dans la gestion de l'urgence n'aient pas suivi les procédures de Costa Crociere qui sont en ligne avec les standards internationaux», poursuit la compagnie.

Le navire «incroyablement proche» du rivage

La société, basée à Gênes, affirme toutefois que le commandant -entré en son sein en 2002 comme... responsable de la sécurité et promu commandant en 2006-, avait suivi toutes les formations continues adéquates, ainsi que les membres d'équipage et même les passagers, soumis à un exercice d'évacuation dans les 24 heures qui suivent l'embarquement.

«La route suivie par le navire n'était pas la bonne», a indiqué le procureur de Grosseto, Francesco Verusio, en charge de l'enquête. Le commandant «s'est approché de manière très maladroite de l'île du Giglio, a heurté un rocher qui s'est encastré dans le flanc gauche, faisant s'incliner (le navire) et embarquer énormément d'eau en l'espace de deux, trois minutes», a-t-il ajouté. «C'est une grosse erreur humaine qui a eu des conséquences dramatiques», a dénoncé le ministre de la Défense, l'amiral Giampaolo Di Paola. D'après les premiers éléments tirés de la boîte noire, le navire était à «seulement 150 mètres du rivage, une distance incroyablement proche», a encore dit le procureur.

Situation «sous contrôle» pour le commandant

Selon certains, il effectuait une sorte de parade surnommé l'«inchino» (la révérence), toutes lumières allumées et à grand renfort de sirènes pour saluer les 800 habitants du Giglio, ce que tente de confirmer la justice.

Le magistrat a également mis en cause la gestion de l'accident par l'équipage. Selon lui, l'alerte a été lancée une heure après l'impact. Selon certains témoignages, le commandement du navire aurait répondu à la capitainerie du port, alertée par des passagers, que la situation était sous contrôle et qu'il s'agissait d'un simple problème électrique.

Elément encore aggravant, les garde-côtes ont demandé à plusieurs reprises -et en vain- au commandant de remonter à bord du navire pendant les opérations de secours, ce qu'aurait démenti l'intéressé. Le commandant «était déjà, un peu après minuit, sur les rives de Giglio» alors que les derniers passagers ont été évacués vers 05h00 GMT, selon les pompiers.