Easyjet condamnée pour discrimination envers des passagers handicapées

JUSTICE La compagnie avait refusé l'accès à ses avions à trois personnes en fauteuil roulant...

E.O.

— 

Un avion de la compagnie Easyjet atterrit à l'aéroport Toulouse-Blagnac, le 16 novembre 2011.
Un avion de la compagnie Easyjet atterrit à l'aéroport Toulouse-Blagnac, le 16 novembre 2011. — F. LANCELOT/SIPA

Pour justifier son refus d’embarquer trois personnes handicapées en fauteuil roulant, Easyjet avait invoqué des raisons de sécurité. Ce vendredi, la compagnie à bas coût a été condamnée par le tribunal correctionnel de Bobigny à une amende de 70.000 euros, pour discrimination. La peine est conforme aux réquisitions, énoncées lors de l’audience, le 9 décembre dernier. Le procureur avait alors qualifié les faits de «graves», car «portant atteinte à la dignité humaine».

L’avocat de la compagnie a indiqué attendre les motivations du tribunal avant de prendre la décision de faire appel ou non.

«Une décision qui va faire date»

Les faits remontent à novembre 2008 et janvier 2009, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.  Trois handicapés s’étaient vu refuser l’accès à des avions à destination de Porto, Nice et Casablanca. «Il faut que les passagers handicapés puissent mettre eux-mêmes le masque à oxygène, le gilet de sauvetage, mettre et enlever la ceinture de sécurité, comprendre les instructions en cas d'urgence et évacuer par leurs propres moyens», avait souligné un responsable de la compagnie lors de l’audience de décembre.

Les plaignants avaient rétorqué qu’ils étaient parfaitement autonomes. Leur avocat et celui  de l’Association des paralysés de France, partie civile dans cette affaire, s’est réjoui du jugement. «C’est une décision qui va faire date», a-t-il estimé auprès de l’AFP. Dans un communiqué, la compagnie, qui assure n'avoir «jamais eu l'intention de discriminer un seul de ses passagers» s'est quant à elle dite «surprise du verdict».

Easyjet «s'inquiète des conséquences d'un tel jugement, car elle ne peut qu'appliquer la réglementation en vigueur», souligne la compagnie qui assure que sa «priorité absolue» est «d’assurer la sécurité de tous ses passagers et membres d’équipage».