Les soldes, «franchement, c'est l'horreur»

REPORTAGE Cette année, pas de bons plans pour dénicher les petits prix ni de conseils pour ne pas se faire arnaquer, «20Minutes» est allé rencontrer ceux que les soldes ennuient...

Enora Ollivier

— 

Un magasin parisien, le 11 janvier 2012, jour de l'ouverture des soldes d'hiver.
Un magasin parisien, le 11 janvier 2012, jour de l'ouverture des soldes d'hiver. — PRM/ SIPA

En ce premier jour des soldes, Paula* est, selon son propre terme, «dépitée». Ce mercredi midi, elle a pris son courage à deux mains et est entrée dans une boutique parisienne qu’elle affectionne. «J’ai essayé quatre vêtements, qui m’allaient parfaitement bien», raconte cette jeune femme de 27 ans, la voix encore chevrotante trois-quarts d’heure après les faits.

Seulement, il y a hic. Paula adore les fringues mais n’a pas d’emploi – elle prépare actuellement un concours pour être enseignante – et n’a pas un sou de côté. «Je pensais n’acheter qu’une seule pièce, mais j’ai consulté mon compte en banque et j’ai aussitôt rangé ma carte bleue», déplore-t-elle, avant de conclure: «Franchement, c’est l’horreur».

«Deux semaines après Noël, on en a un peu ras le bol»

D’autres, aux portefeuilles probablement plus fournis, n’ont pas connu le même traumatisme. «Quand je suis arrivé ce matin, vers 7h, il y avait déjà la queue devant la porte», indique Thierry*, ouvrier en bâtiment, chargé de poser du parquet dans un grand magasin parisien. Pour lui aussi, qui doit faire des allers-retours fréquents entre l’extérieur et l’intérieur de l’enseigne, ce premier jour des soldes n’est pas particulièrement accueilli avec le sourire.

«Les trottoirs sont bondés, et non seulement j’ai dû me lever plus tôt pour être sûr d’être à l’heure  mais en plus, j’ai été obligé de me garer plus loin que d’habitude», peste-t-il. Son collègue Marc*approuve: «Il y a deux semaines, c’était Noël, maintenant ce sont les soldes. On en a un peu ras le bol.»

«C’est le pompon»

Que l’on soit client ou que l’on travaille à proximité des centres névralgiques de la consommation, le problème tient finalement en un mot: circulation. «Vous n’êtes qu’une crétine!» s’emporte un shopper croisé boulevard Haussmann à Paris (9e arrondissement), après qu’une dame les bras chargés lui a malencontreusement décoché un coup de sac dans les cotes. «Je veux bien que les piétons et les automobilistes aient une façon différente d’appréhender le code de la route», ironise Christophe*, commercial, qui doit franchir ce même boulevard Haussmann en voiture pour se rendre au travail, mais «là, c’est le pompon». Et de détailler: «Les gens traversent n’importe où, n’importe quand, sans se soucier de la couleur des feux. Il y en a même qui restent au milieu des passages, comme ça, sans raison! Et en plus, c’est nous qui nous faisons engueuler quand on leur demande de bouger.»

Les commerçants seraient-ils donc les seuls à se frotter les mains, ce premier jour des soldes? Même pas. Certains, qui ne pratiquent pas de réductions particulières, grincent aussi des dents. «Il y a davantage de monde, mais pas forcément davantage de clients», note un pharmacien, installé non loin de la gare Saint-Lazare. «Des personnes entrent simplement pour demander où se trouve tel ou tel magasin», raconte-t-il. «Mais qu’est ce que j’en sais, moi?»

*Les prénoms ont été modifiés