«Les autopsies ne représentent que 5% de notre activité»

INTERVIEW Patrick Chariot, Président de la Collégiale des médecins légistes français, répond aux questions de «20 Minutes»...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Un médecin légiste observe un cadavre.
Un médecin légiste observe un cadavre. — Carol Werner

Quel est le travail d’un médecin légiste?

Il y a beaucoup de fantasmes dans ce domaine. Pour être clair, 95% de notre travail concerne les vivants. Il s’agit d’examen de personnes victimes de violences ou de viols, essentiellement. Les autopsies sont un fait très marquant pour l’opinion publique mais elles ne représentent que 5% de notre activité.

Quelles sont les règles à suivre lors d’une autopsie?

La règle est de reconstituer le corps à l’identique. C'est-à-dire qu’à l’issue de l’autopsie, il ne doit subsister aucune trace de sang. Les incisions sont souvent réalisées profondément pour vérifier l’existence ou l’absence de traces de coups. Mais elles doivent systématiquement être recousues. Idem pour les incisions grâce auxquelles on retire et analyse des organes.

Qu’en est-il du visage?

Il ne doit y avoir aucune trace sur le visage. C'est-à-dire que si l’on doit vérifier quelque chose au niveau de la tête, on passera systématiquement par le cuir chevelu pour ne pas abîmer le visage du défunt.

Peut-il y avoir des dérives?

Oui, il y a eu des soucis par le passé. Mais cela ne devrait plus arriver. Attention, quand je parle de souci, il s’agit la plupart du temps de légistes qui étaient pris par le temps. Il n’y a pas, à ma connaissance, de volonté délibérée de mal faire un travail.

Combien de légistes exercent en France?

A la louche, il y a environ 500 légistes en France. L’intérêt se manifeste souvent pour les jeunes en première ou seconde année de médecine. Encore plus avec la série Les Experts. Pourtant, cette profession exige beaucoup de respect et un peu d’expérience. Dans les années à venir, il est question de créer une spécialité à part en faculté de médecine.