Affaire Tron: Une expertise psychologique accablante pour les plaignantes

JUSTICE L'ancien secrétaire d'État n'aurait pas de tendances perverses ou fétichistes, selon les experts...

Nicolas Bégasse

— 

Georges Tron à Villeurbane (Rhône), le 12 avril 2011.
Georges Tron à Villeurbane (Rhône), le 12 avril 2011. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

L’information judiciaire ouverte pour viols et agressions sexuelles en réunion à l’encontre de l’ancien secrétaire d’Etat Georges Tron et de son ancienne collaboratrice Brigitte Gruel avance. Et pour une fois, elle avance dans le bon sens pour la défense.

 >> Pour tout comprendre de l'affaire, c'est par ici

RTL révèle ce mercredi des extraits de l’expertise psychologique menée dans le cadre de l’’information judiciaire sur Georges Tron, Brigitte Gruel et les deux ex-employées de la mairie de Draveil (Essonne), «Eva» et «Virginie». Les résultats de cette expertise sont favorables à l’ancien secrétaire d’Etat: pas d’«évolution sexuelle problématique», pas d’«organisation psychique perverse de la personnalité» ni de «fétichisme du pied». Brigitte Gruel est également épargnée: elle dispose selon les experts d’une «personnalité normale, exempte de pathologie mentale» n’ayant pas de «tendances perverses».

«Consentement implicite» d’une des deux plaignantes

Les plaignantes, elles, s’en sortent moins bien. Concernant Eva, les experts relèvent que, à propos de ses témoignages et des agressions sexuelles présumées, «le sujet ne semble pas fabuler, mais la façon dont le sujet s'y est soumis interroge quant à un consentement implicite sans jamais dire "non" à ses agresseurs». Quant à Virginie, son discours est «marqué par une hyper expressivité et sans doute une majoration de l'expression des affects ressentis». Les experts ajoutent cette phrase pouvant fragiliser la valeur du témoignage d’Eva: «Elle a entraîné Eva dans cette plainte. Les deux femmes ont le même discours.»

L’avocat des plaignantes, Gilbert Collard, s’est indigné au micro de RTL de cette expertise, demandant son annulation et une contre-expertise. La radio précise que l’avocat de Georges Tron, Olivier Schnerb, n'a pas souhaité faire de commentaire.