Starlight, une start-up qui fait grimacer le Stade de France

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Starlight achète des places et les revend quand les prix ont grimpé.
Starlight achète des places et les revend quand les prix ont grimpé. — A. REAU / SIPA

« Cette histoire, c'est celle du pot de terre contre le pot de fer. » Alban Bennacer n'a pas complètement tort, mais celle de l'arroseur arrosé convient encore mieux au dossier Stade de France. Starlight, la société de ce Parisien de 32 ans, achète en fait des places pour des matchs ou des concerts et les revend un peu plus tard, une fois que les prix ont grimpé. Une concurrence qui n'a pas été du goût du Consortium Stade de France.

La loi est anticonstitutionnelle
« Je n'ai pas porté le premier coup, rappelle Alban Bennacer. C'est le Consortium qui m'a attaqué en mars 2009 devant le tribunal de grande instance pour concurrence déloyale. » C'est en cherchant à se défendre que l'unique salarié de Starlight soulève alors un lièvre bien plus gros. Son avocat, François Braud, décide de saisir le Conseil constitutionnel pour vérifier que la loi régissant l'exploitation du Stade de France est bien conforme à la Constitution. En février 2011, le couperet tombe : la juridiction suprême estime que la loi est anticonstitutionnelle. « Dès lors, on pouvait déposer un recours pour demander la résiliation du contrat de concession du stade », explique François Braud. Beau joueur, l'avocat décide d'écrire à Matignon, le 18 octobre dernier, pour l'avertir de ce problème. « On leur a donné un mois pour nous répondre. » Sans succès. Alban Bennacer est donc passé à la vitesse supérieure en déposant un recours.A. M., V. V. et.M.