Menaces sur le consortium

Vincent Vantighem, Antoine Maes et William Molinié

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Cette année, le Consortium percevra douze millions d'euros de subventions.
Cette année, le Consortium percevra douze millions d'euros de subventions. — A. REAU / SIPA

Le dossier n'en est encore qu'au stade de l'instruction. Mais il pourrait ébranler les fondations du Stade de France (SDF). Selon nos informations, le 26 décembre dernier, Alban Bennacer, fondateur de Starlight, une société de billetterie (lire ci-dessous), a déposé un recours au tribunal administratif contre l'Etat. Il demande « la résiliation du contrat de concession portant sur la construction et l'exploitation du Stade de France ». Conclu en 1995, ce contrat confie à Bouygues et Vinci – réunis en un Consortium – la gestion de l'enceinte de 80 000 places jusqu'en 2025.
Ce contrat pourrait arriver à échéance plus vite que prévu si le tribunal administratif donne raison au plaignant. « Il y a plusieurs possibilités, explique François Braud, son avocat. L'Etat pourrait alors lancer un nouvel appel d'offres ou décider de gérer lui-même le stade en régie. » Sans parler d'une éventuelle compensation à verser au Consortium, qui percevra déjà cette année 12 millions d'euros de subventions.
Si l'Etat n'a pas pris de décision, il était bien informé. En témoignent les propos du ministre des Sports, David Douillet, tenus devant le Sénat le 3 décembre dernier :  « Le modèle économique qui justifiait les termes du contrat passé en 1995 ne convient plus. Il est anormal que l'Etat ait à verser une indemnité, encore aujourd'hui. » Selon nos informations, des négociations auraient donc été entamées avec les géants du BTP pour faire baisser la note.
L'an dernier, c'est par la voie parlementaire que l'Etat avait tenté d'agir. Mais l'amendement UMP visant à « sécuriser le contrat de concession » a été rejeté en commission. La voie législative étant bouchée, l'Etat est donc forcé d'emprunter la voie judiciaire. Averti le 6 janvier du recours d'Alban Bennacer, les services de Matignon ont désormais deux mois pour présenter leurs arguments au tribunal administratif. Contactés hier, ils n'ont pas souhaité répondre à nos questions.