Seine-Saint-Denis: Un jeune homme meurt d'une crise cardiaque lors d'un contrôle de police

FAITS-DIVERS La situation était tendue dans la nuit de mardi à ce mercredi...

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Un jeune homme est décédé d'une crise cardiaque mardi soir au moment où il était contrôlé par des policiers dans le hall d'un immeuble à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où la situation était tendue dans la nuit.
Un jeune homme est décédé d'une crise cardiaque mardi soir au moment où il était contrôlé par des policiers dans le hall d'un immeuble à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où la situation était tendue dans la nuit. — Patrick Kovarik afp.com

Un jeune homme est décédé d'une crise cardiaque mardi soir au moment où il était contrôlé par des policiers dans le hall d'un immeuble à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où la situation était tendue dans la nuit.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la victime, âgée de 25 ans, se trouvait dans le hall d'un immeuble avec une dizaine d'autres personnes lorsque des policiers en patrouille ont décidé d'effectuer un contrôle de stupéfiants. «Cette personne a été vraisemblablement victime d'un arrêt cardiaque au moment de ce contrôle», a précisé l'une des sources.

«La victime avait des problèmes de santé»

Selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui précise que le contrôle s'est fait «sans violence», «les pompiers sont aussitôt arrivés sur place pour lui porter secours», sans réussir à le réanimer. «La victime avait des problèmes de santé (...) Elle s'était rendue mardi après-midi à l'hôpital pour un examen de cardiologie», a précisé la préfecture, citant les propos des amis de la victime aux pompiers.

La situation était tendue peu après minuit mercredi autour de l'immeuble où les faits se sont déroulé, a constaté un journaliste de l'AFP. Des feux ont été allumés sur la chaussée, rapidement éteints par les pompiers, et de nombreux policiers ont été déployés dans le quartier, où l'éclairage public a été coupé. Des groupes de jeunes se rassemblaient néanmoins au pied des barres d'immeubles, hautes de quatre à cinq étages, mettant en cause le rôle de la police dans le décès.

«Quand on fait un contrôle violent, c'est de la provocation»

«Il leur a dit qu'il était malade, mais ils l'ont poussé. Ce n'est pas normal d'interpeller des jeunes dans ces conditions. Ils ont tué un jeune innocent», a affirmé à l'AFP Saïd, un jeune de la cité qui assure - sans qu'il ait été possible de le vérifier - avoir été présent lors du contrôle.

«Les jeunes sont en colère, je les comprends», a confié à l'AFP une habitante de la cité, Aïcha Oubrahim. «Normalement, c'est plutôt une cité calme, ce n'est pas le Bronx. Mais quand on fait un contrôle violent, c'est de la provocation», a-t-elle ajouté. «Le contrôle de police s'est passé normalement», a assuré de son côté la préfecture. L'enquête devait établir si les personnes interpellées ont été ou non menottées en attendant l'arrivée du fourgon, les versions policières variant à cet égard.

Une cession de drogue

Selon le récit d'une des sources policières, la police est intervenue pour une cession de drogue et a contrôlé sur place trois personnes, en attendant un véhicule de police. L'une de ces trois personnes s'est mise à baver et s'est effondrée. Les policiers présents ont alors appelé les secours. Cet homme est décédé très rapidement à l'hôpital. Selon ses deux autres camarades, cet homme était cardiaque et aurait pris un médicament déconseillé pour le coeur.

Des substances illicites ont été retrouvées sur lui, a-t-on précisé de même source. Selon l'une des sources policières, la victime avait également «pris un Viagra pour préparer sa soirée». L'Inspection générale des services (IGS, la police des polices) n'avait pas encore été saisie mardi soir «mais devrait l'être prochainement», selon une source policière. Ce drame intervient après l'interpellation «musclée» de Wissam El-Yamni, 30 ans, décédé après son interpellation houleuse dans la nuit de la Saint-Sylvestre dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis.