Chine: Echanges extérieurs à la peine, mesures de soutien en vue

Reuters

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Les échanges extérieurs de la Chine ont enregistré en décembre leur croissance la plus faible depuis plus de deux ans en raison de l'affaiblissement de la demande intérieure et internationale, selon des données publiées mardi qui confortent les anticipations de nouvelles mesures de Pékin pour soutenir l'activité.

Ralentissement du commerce extérieur

Les exportations ont vu leur rythme de croissance annuel décélérer à 13,4%, conformément aux attentes et au plus bas depuis novembre 2009, exception faite d'une distorsion statistique en février liée à la période des vacances pour la nouvelle année lunaire.

Les importations ont en revanche accusé un ralentissement très marqué, leur rythme de croissance annuel tombant à 11,8%, au plus bas depuis 26 mois, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne 17%.

"Nous pensions que les importations surprendraient un peu à la baisse, et d'une manière générale l'implication est négative. La demande intérieure ralentit très rapidement", a déclaré Zhang Ziwei, chef économiste pour la Chine chez Nomura, à Hong Kong.

Zhang Ziwei a souligné l'ampleur de la baisse des importations pour la consommation intérieure, dont le rythme de croissance annuel a été plus que diminué de moitié à 13,5% contre 27,4% en décembre, et celle des importations de biens intermédiaires dont la croissance annuelle est revenue à 6,2% contre 11% le mois précédent.

Cela signifie que dans les prochains mois, la probabilité d'un recul des exportations est très élevée", a-t-il prévenu. "Ces chiffres du commerce extérieur confirment notre opinion selon laquelle le premier trimestre sera très difficile."

Plus bas de l'activité depuis deux ans et demi

Plusieurs indicateurs clés, dont la croissance du PIB sur les trois derniers mois de 2011, doivent être publiés dans les deux prochaines semaines et devraient confirmer que la deuxième économie mondiale a enregistré son plus mauvais trimestre en termes d'activité depuis deux ans et demi.

Les chiffres du commerce extérieur ont conforté les anticipations des investisseurs concernant un nouvel assouplissement de la politique monétaire chinoise. Le marché actions a accéléré ses gains après la publication de ces chiffres, l'indice de référence de la Bourse de Shanghai progressant de 2,69% en clôture, tandis que le yuan s'est légèrement raffermi à 6,3122 contre le dollar.

La décélération des échanges extérieurs en fin d'année ne les a pas empêchés d'atteindre un nouveau record en valeur en 2011, à 3.600 milliards de dollars. En revanche, l'excédent commercial est tombé à un plus bas de trois ans, à 155 milliards de dollars après 183,1 milliards en 2010.

Le ralentissement de la demande intérieure révélé par les chiffres du commerce extérieur souligne les difficultés rencontrées par les autorités chinoises dans leur effort pour rééquilibrer la croissance du pays en développant la consommation des ménages.

L'économie domestique ralentit fortement. La Chine devra continuer d'assouplir sa politique économique pour protéger la demande intérieure", a estimé Kevin Lai, économiste chez Daiwa Capital Markets, à Hong Kong.

Afin de contrer le ralentissement de la demande en provenance des Etats-Unis et d'Europe, ses deux principaux marchés à l'export, la Chine a déjà abaissé en novembre de 50 points de base le taux des réserves obligatoires imposés aux banques pour le ramener à 21%. Il s'agissait de la première baisse en trois ans.

Les économistes s'attendent à de nouvelles réduction du taux de réserves obligatoires et n'excluent pas des mesures de relance budgétaire ni une possible intervention pour freiner l'appréciation du yuan, qui s'est réévalué d'environ 4,5% contre le dollar en 2011.

Les autorités vont accentuer le réglage fin de l'économie. Je pense que nous aurons une baisse du taux de réserves obligatoires assez rapidement et que le ralentissement dans le rythme d'appréciation du RMB (yuan) va se poursuivre", a déclaré Tim Condon, responsable de la recherche économique pour l'Asie chez ING, à Singapour.

Les économistes s'attendent à ce que le ralentissement des échanges extérieurs et les effets du durcissement des conditions monétaires se traduisent par une nette décélération de la croissance au quatrième trimestre 2011, à 8,7% en rythme annuel, soit un point de moins qu'en début d'année.

Ils considèrent que l'économie chinoise doit croître sur un rythme d'au moins 8,0% l'an afin de créer suffisamment d'emplois pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.