Décès à Clermont-Ferrand: Les pompiers avaient été contactés depuis le téléphone de la victime

© 2012 AFP

— 

Des voix se sont élevées mardi pour réclamer la suspension des deux policiers mis en cause dans l'affaire El Yamni, du nom de cet homme décédé après son interpellation controversée dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis.
Des voix se sont élevées mardi pour réclamer la suspension des deux policiers mis en cause dans l'affaire El Yamni, du nom de cet homme décédé après son interpellation controversée dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis. — Thierry Zoccolan afp.com

Dans l'affaire de l'homme mort à Clermont-Ferrand après son interpellation controversée par la police, le parquet a précisé ce mardi que les pompiers avaient été appelés en amont depuis son téléphone, déclenchant leur intervention et celle de la police.

La personne ayant appelé les secours, qui pourrait être Wissam El-Yamni ou bien quelqu'un lui ayant emprunté son téléphone, a précisé le parquet, a fait un faux signalement d'homme blessé. Le quotidien régional Le Progrès citait mardi un policier clermontois affirmant que le but de cet appel était «d'attirer les flics dans un traquenard».

«Il y a eu certainement des violences policières, dans un contexte qui n'est pas classique»

A son arrivée, le véhicule des forces de l'ordre avait été l'objet de tirs de projectiles. Wissam El-Yamni, 30 ans, a alors été interpellé, dans un état de grande excitation selon la police et sous l'emprise de l'alcool et de drogues. Le procureur de Clermont-Ferrand, Gérard Davergne, a par ailleurs démenti que le jeune homme, dont la mort a été annoncée lundi, ait pu décéder dès son interpellation et être maintenu artificiellement en vie.

>> Rendez-vous par ici pour tout comprendre de l’affaire

Après une course-poursuite, il avait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il était tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport et présentait des fractures et des lésions au cou lors de l'arrivée des secours. Selon l'avocat de son frère et de sa soeur, Jean-François Canis, «il y a eu certainement des violences policières, dans un contexte qui n'est pas classique».

L'information judiciaire requalifiée

«La priorité est d'entendre ou réentendre les témoins, des habitants du quartier. L'information judiciaire devra démêler ceux qui sont sincères et ceux partisans», qui partent du principe que les policiers ont forcément commis des violences illégitimes, a-t-il détaillé. L'avocat s'interroge aussi sur la responsabilité d'autres policiers que les deux visés par l'information judiciaire. D'après des témoignages, d'autres ont pu commettre des violences, notamment en utilisant du gaz lacrymogène, a-t-il rapporté.

L'information judiciaire pour «coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique» ouverte vendredi a été requalifiée en «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique», a indiqué le parquet. La peine encourue est de vingt ans de réclusion criminelle.