Attentat de Karachi: «La DCN m'a mis délibérément en danger», accuse un rescapé

ENQUÊTE elon lui, les autorités françaises et son employeur connaissaient les risques qu'il encourait...

© 2012 AFP

— 

Un des 12 salariés de la Direction des constructions navales (DCN) rescapés de l'attentat de Karachi en 2002 était entendu mardi par la police judiciaire dans le cadre d'une enquête ouverte après une plainte d'employés contre la DCN, a-t-on appris auprès de son avocate.
Un des 12 salariés de la Direction des constructions navales (DCN) rescapés de l'attentat de Karachi en 2002 était entendu mardi par la police judiciaire dans le cadre d'une enquête ouverte après une plainte d'employés contre la DCN, a-t-on appris auprès de son avocate. — Aamir Qureshi afp.com

Gilles Sanson, 50 ans, un survivant de l'attentat de Karachi (Pakistan) qui a fait 15 morts, dont 11 Français en mai 2002, accuse la Direction des constructions navales (DCN) d'avoir délibérément mis en danger sa vie, dans un entretien publié mardi par Aujourd'hui en France/le Parisien.

>> Retrouvez par ici tous nos articles sur l'affaire Karachi

«L'enquête m'a appris que les autorités françaises ainsi que notre employeur connaissaient parfaitement les menaces qui pesaient sur nous», affirme Gilles Sanson qui précise qu'«aucune consigne de sécurité particulière ne nous a jamais été donnée». «Notre bus partait tous les matins à la même heure et empruntait le même trajet», a-t-il ajouté. «Je veux que la DCN nous rende des comptes», ajoute-t-il.

Gilles Sanson est l'un des survivants de l'attentat qui ont porté plainte pour «blessures involontaires» contre la DCN. Il doit être entendu mardi par les policiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Les salariés reprochent à la DCN de ne pas avoir tenu compte d'une «menace explicite contre la France», dont avait été informée l'ambassade de France à Islamabad en février 2002, ainsi que d'autres menaces contre des Occidentaux.

Ils mettent en avant le témoignage d'un membre du Service de coopération technique international de police (SCTIP), qui dit avoir lancé l'alerte, dès le 12 avril 2002, après avoir appris par deux sources pakistanaises que des attentats étaient en préparation contre des Occidentaux.

>> Le diaporama des acteurs de l'affaire Karachi, c'est par là