Clermont-Ferrand: Aucun incident après la mort de Wissam El-Yamni

FAITS-DIVERS L'homme était dans le coma depuis son interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre...

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L'homme dans le coma depuis son interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre est mort lundi, alors que plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre se sont déployées dans son quartier dans la soirée, sans incident.
L'homme dans le coma depuis son interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre est mort lundi, alors que plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre se sont déployées dans son quartier dans la soirée, sans incident. — Thierry Zoccolan afp.com

Aucun incident n'a été déploré dans la nuit de lundi à ce mardi à Clermont-Ferrand, malgré la mort, lundi après-midi, de l'homme qui était dans le coma depuis son interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre. Plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre avaient été déployés. 

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SOS Racisme demande mardi dans un communiqué la suspension des deux policiers qui ont procédé à l'interpellation «musclée» de Wissam El-Yamni. «A l'annonce du décès de Wissan El-Yamni (...) SOS Racisme exprime une grande incompréhension quant au maintien en fonction des deux policiers, pourtant mis en examen dans l'instruction judiciaire», souligne l'organisation anti-raciste dans un communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi. «SOS Racisme demande aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités et de suspendre le temps d'une enquête se voulant "sereine" ces deux policiers afin d'envoyer les signaux nécessaires et fondamentaux d'une justice équitable dans cette affaire», a ajouté le communiqué.

«S'il y a eu une interpellation difficile, ça n'est pas le fait des policiers»

Wissam El-Yamni, 30 ans, était sous l'emprise de l'alcool, du cannabis et de la cocaïne lors de son interpellation dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, près d'un centre commercial du quartier de la Gauthière, alors qu'il était très excité, d'après les forces de l'ordre, et s'en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

Après une course-poursuite, il avait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il est tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport. Il n'avait pas d'antécédents médicaux. Il présentait des fractures et des lésions au cou lors de l'arrivée des secours. «Je me garderais d'avoir le moindre avis sur cette question. La seule chose que je voudrais dire, c'est que s'il y a eu une interpellation difficile, ça n'est pas le fait des policiers», a déclaré lundi soir le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.

Le dispositif de sécurité «pourra être renforcé en fonction des besoins»

Depuis la Saint-Sylvestre, une tension palpable est perceptible à Clermont-Ferrand, avec plusieurs dizaines de voitures brûlées ce week-end, sans affrontements entre jeunes et forces de l'ordre, et une marche silencieuse samedi de plus de 500 personnes, surtout issues des quartiers populaires.

Très visible, le dispositif d'environ 420 fonctionnaires de police et de gendarmerie s'est mis en place vers 21h, lorsqu'un hélicoptère muni d'un projecteur a commencé à survoler les quartiers nord. Peu après, plusieurs cars de CRS se sont positionnés à la Gauthière et dans les quartiers voisins des Vergnes et de la Croix-de-Neyrat.

En tenue d'intervention, munis pour certains de flashballs, les CRS ont pris position aux carrefours et sur les parkings. Aux Vergnes, certains fonctionnaires ont fouillé des jeunes gens sur la voie publique, tandis qu'une autre équipe policière a dispersé vers 22h30 une trentaine d'adolescents devant le centre commercial de la Gauthière, sans incident. Selon la préfecture, le dispositif de sécurité «pourra être renforcé en fonction des besoins».

Trois jeunes ont comparu lundi

Trois jeunes de 18 à 20 ans ont comparu lundi pour des jets de pierre dans la nuit de samedi à dimanche, qu'ils nient tous les trois. Le premier a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme, le deuxième a été relaxé et le troisième, également poursuivi pour rébellion, condamné à un an de prison ferme, une peine-plancher liée à son «état de récidive».

Une information judiciaire pour «coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique» a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l'arrestation, et ne sont pas suspendus à ce stade de l'enquête. «La qualification pénale va changer» et deviendra «violences ayant entraîné la mort», a ajouté l'avocat de la famille, qui va «demander à ce qu'un maximum de témoins soient entendus par les magistrats instructeurs».