les scénarios de la survie

gilles wallon

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Des salariés de SeaFrance, à Paris, après l'annonce de la liquidation.
Des salariés de SeaFrance, à Paris, après l'annonce de la liquidation. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Un grand brouillard. L'avenir des 880 salariés de SeaFrance reste incertain, vingt-quatre heures après la mise en liquidation judiciaire de cette compagnie de ferries, dont la sauvegarde est devenu un enjeu politique pour Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat tient aujourd'hui une réunion pour trouver une solution de reprise de la société. Minés par les divisions syndicales, les salariés sont maintenant face à deux scénarios.

Eurotunnel prêt à aider
Première possibilité : la reprise en Scop (société coopérative) de SeaFrance par ses employés. La CFDT, le syndicat majoritaire mais contesté, était pour… à condition qu'il n'y ait pas de liquidation judiciaire. Aujourd'hui, la donne a changé : pour relancer l'activité, il faudra racheter les bateaux (50 millions d'euros au bas mot). « On discute avec Eurotunnel », explique Didier Cappelle, représentant CFDT. Eurotunnel, c'est le nouvel acteur, arrivé hier dans le dossier. La compagnie transmanche pourrait faire la grimace si un concurrent low-cost se lançait sur la liaison Calais-Douvres. Elle se déclare prête à soutenir la Scop en rachetant les bateaux et en les louant aux salariés. Mais il faudrait tout de même que ceux-ci engagent une partie de leurs indemnités de licenciement. Ce à quoi ils se refusent, d'autant qu'une soixantaine d'employés « dissidents » militent plutôt pour une reprise par un holding privé. Deux sociétés alliées, LDA et DFDS, ont déjà fait part de leur intérêt. Prêtes à reprendre immédiatement 300 marins, elles auraient les faveurs du ministre des Transports, Thierry Mariani, dénoncent les partisans de la Scop. Reste une dernière hypothèse : la fin de l'activité. La SNCF, dont SeaFrance est une filiale, est prête à reclasser une partie des salariés licenciés. Mais beaucoup devraient déménager.