Mariage à Lyon: Une élue lui demande de retirer son foulard, une femme réclame 50.000 euros

SOCIETE Les époux estiment qu'il s'agissait d'une décision «illégale»...

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Le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, le 27 septembre 2011, à Paris.
Le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, le 27 septembre 2011, à Paris. — J.LEGUERRE / AFP

Une femme à qui une élue d'arrondissement à Lyon avait demandé de retirer le foulard qui couvrait sa chevelure, lors de la célébration de son mariage en juin 2011, ainsi que son époux, ont demandé au maire de la ville 50.000 euros de dommages et intérêts.

Gérard Collomb, sénateur maire (PS) de Lyon, a indiqué lundi soir qu'il était prêt à «discuter» avec l'avocat du couple, qui pourrait se contenter de simples excuses. «Peut-être que notre élue aurait pu avoir plus de sensibilité, c'est d'ailleurs ce que le maire du 9e arrondissement a dit immédiatement après cet incident», a précisé Gérard Collomb.

Une décision «illégale» selon l'avocat du couple

Fatiha Benahmed, adjointe (EELV) au maire du 9e, a pris une décision «illégale» selon l'avocat du couple, qui a porté «atteinte à la liberté fondamentale qu'est la liberté de religion» et a créé «une humiliation lors de ce moment si précieux qu'est la célébration du mariage», peut-on lire dans la lettre adressée vendredi au sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, dont l'AFP a eu copie.

Il lui est demandé 25.000 euros pour chacun des époux, faute de quoi ils engageront un recours devant la justice administrative pour être indemnisés. Le couple a déjà introduit devant le tribunal administratif de Lyon une «requête en annulation», sur le fond, contre l'ordre donné à Nassima A. de retirer son foulard. L'affaire ne devrait pas être examinée avant plusieurs mois.

Une «attitude républicaine» selon le préfet du Rhône

L'avocat du couple, Gilles Devers, s'appuie sur la législation relative aux contrôles de la validité des mariages. «L'officier d'état civil doit s'assurer de l'identité des futurs époux, mais seul le port d'une pièce vestimentaire dissimulant le visage l'empêcherait», explique-t-il.

Le couple est soutenu par la Coordination contre le Racisme et l’islamophobie (CRI), une association lyonnaise. Pour justifier sa demande, l'élue avait affirmé peu après le mariage défendre «la liberté de la femme». Elle avait reçu le soutien du préfet du Rhône, qui avait salué son «attitude républicaine».