Lutter contre les préjugés sur l'autisme

INSERTION Ce trouble neurologique qui touche 600 000 Français a été décrété grande cause nationale...

Gilles Wallon

— 

Dans une école expérimentale pour autistes à Paris, le 1er avril 2010.
Dans une école expérimentale pour autistes à Paris, le 1er avril 2010. — F. STEVENS / SIPA

Un an pour faire tomber les barrières et améliorer la prise en charge. Les associations d’accompagnement de l’autisme ont de grandes espérances pour 2012, après l’obtention du label «Grande Cause nationale», qui va offrir, pendant douze mois, une exposition médiatique accrue à ce trouble neurologique, conjuguant des handicaps de communication, d’interaction sociale et de comportement.

«Pas une sentence à vie»

Malgré des progrès dans sa détection, l’autisme, qui touche en France 600000 personnes à des degrés divers, continue de susciter de la gêne, voire de la crainte. «Ce handicap surprend car il est purement mental, impossible à détecter sur quelqu’un dans la rue. Soudainement, on peut faire face à des réactions inattendues, bizarres, déconcertantes», rappelle Delphine Piloquet, déléguée générale de l’association Autistes sans frontières. A l’âge adulte, cette difficulté à suivre «un mode d’emploi social» ferme de nombreuses portes professionnelles aux autistes, «même lorsqu’ils sont bardés de diplômes», regrette Delphine Piloquet.

Ce trouble peut pourtant être en grande partie rééduqué, surtout s’il est pris en charge très tôt. «L’autisme n’est pas une fatalité, une sentence à vie, irrémédiable, assène Delphine Piloquet. Des autistes légers peuvent mener une vie sociale, amoureuse et professionnelle normale, même s’il restera toujours des traces de leur handicap.»

Pour améliorer leur insertion, les associations misent beaucoup sur l’école, un lieu de stimulation verbale, sociale et comportementale. Moins cher qu’un suivi en institution fermée (70000€ par an), l’accompagnement des autistes en «école normale» reste néanmoins coûteux (de 25000 à 30000€ par an). En cette année particulière, les associations espèrent que l’Education nationale mettra « les moyens nécessaires».

Détection

Les troubles autistiques sont désormais détectés chez 1 enfant sur 150, alors qu’ils ne touchaient que 1 enfant sur 2000 il y a une dizaine d’années.