Les chambres de bonne restent au plus haut

LOGEMENT La taxation sur les loyers élevés des petites surfaces est entrée en vigueur lundi...

Hélène Colau

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A Paris, la plupart des studios sont proposés à plus de 40 €/m2.
A Paris, la plupart des studios sont proposés à plus de 40 €/m2. — A. GELEBART / 20 MINUTES

L'objectif est de «décourager les excès», selon le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu (UMP). Le décret instaurant une taxe sur les loyers élevés des logements de petite surface, publié au Journal officiel samedi dernier, vient d'entrer en vigueur. Désormais, les loyers supérieurs à 40€/m2 pour des appartements de moins de 14 m2 seront taxés. Une mesure qui concerne principalement les studios et chambres de bonne parisiens.

Jusqu'à 90 €/m2

La taxe aurait de quoi faire trembler les propriétaires: elle peut représenter de 10 à 40% des montants perçus, en fonction de l'écart constaté avec le loyer de référence. Mais pour l'heure, les propriétaires ne semblent pas franchement plier sous la menace. Une simple consultation des petites annonces suffit à le constater. Lundi, l'immense majorité des studettes étaient toujours proposées à un tarif supérieur à 40 €/m2. Sur un site de transactions entre particuliers, le premier prix pour un studio de 9 m2 à Paris était de 392 € (43,5 €/m2) et les loyers s'envolaient jusqu'à 77 €/m2. Sur un site regroupant des offres d'agences immobilières, les prix indiqués dépassaient parfois les 90 €/m2.

La plupart des annonceurs contactés ne semblent pas voir le problème. «L'appartement est refait à neuf, entièrement équipé, avec une télévision, Internet et le téléphone», se justifie le propriétaire d'un studio de 9 m2 affiché à 420 € mensuels. «C'est le prix du marché», croit savoir celui d'un 12 m2 à 730 €. Quand on essaie de négocier une baisse de loyer, la réponse est nette. «J'ai déjà eu des appels de personnes intéressées à ce prix.»

Peut-être les effets du décret se feront-ils sentir quand arrivera la facture? Quoi qu'il en soit, Jean-Yves Mano, adjoint (PS) au maire de Paris chargé du logement, ne se montre pas très enthousiaste. «Il est positif que l'Etat s'engage dans une politique contraignante de fixation des loyers, dit-il. Le problème, c'est que cette mesure valide le fait qu'il est normal de payer 40 € pour 1 m2 alors que rien ne le justifie. Le prix permettant aux Parisiens de se loger, que nous revendiquons, serait plutôt de 25 €/m2.»