Les petits appartsdans le viseur

Alexandre Sulzer

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Les loyers abusifs seront taxés.
Les loyers abusifs seront taxés. — F. APESTEGUY / SIPA

Des chambres de bonne, généralement situées dans les étages supérieurs, louées une petite fortune, souvent à des étudiants désargentés. Ce sont ces habitations, très répandues dans les grandes villes, qui sont dans le collimateur du législateur. Depuis hier, les loyers des logements de 14 m2 et moins situés dans les zones de forte tension locative se verront appliquer une taxe s'ils dépassent les 40 € par mètre carré. Cette nouvelle taxe sera d'autant plus élevée que l'écart entre le loyer pratiqué et celui de référence sera important. « Pour nous, c'est une victoire, se félicite Margaux Leduc, porte-parole du collectif Jeudi noir. Cette mesure est insuffisante, car il faudrait interdire les loyers abusifs et non pas les taxer. Mais elle va dans le bon sens, cela montre qu'il y a une vraie volonté politique. » Selon l'économiste Michel Mouillart, spécialiste de l'immobilier, interrogé par l'AFP, la taxe ne serait pourtant applicable qu'à 400 logements, dont 100 à Paris intra-muros. « Si l'on se base sur les déclarations fiscales des propriétaires, c'est possible, rétorque Margaux Leduc. Mais dans la réalité, ce chiffre n'est pas crédible. Il suffit d'ouvrir le journal d'annonces De Particulier à Particulier pour s'en convaincre. »