L'imbroglio franco-israélien autour de chauffards français continue

JUSTICE Ils ont fui Israël après avoir mortellement percuté une jeune Israélienne car ils s'estiment en danger dans le pays...

M.P. avec Reuters

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Une marche de mémoire en l'honneur de Lee Zeitouni, le 8 décembre 2011, à Tel Aviv (Israël).
Une marche de mémoire en l'honneur de Lee Zeitouni, le 8 décembre 2011, à Tel Aviv (Israël). — J.GUEZ / AFP

Les deux Français responsables de la mort d’une jeune Israélienne à Tel Aviv sont toujours en France. Les deux hommes ont mortellement percuté avec leur 4x4 une jeune professeur de gym le 16 septembre dernier à Tel Aviv. Immédiatement après leur acte, ils se sont enfuis et sont rentrés par le premier vol en France, provoquant la colère de la famille de la victime et de l’opinion publique. Les deux hommes reconnaissent leur culpabilité mais ils refusent d’être jugés en Israël car ils s’y estiment en danger, ont rapporté jeudi leurs trois avocats parisiens.

L’affaire donne lieu à un imbroglio juridique, car la France n’extrade pas ses ressortissants, et diplomatique, puisque les tensions entre les deux pays sont fortes sur  le dossier du processus de paix au Proche-Orient.

Selon les avocats, l'affaire a également pour toile de fond la montée en Israël d'un sentiment anti-français. Eric Robic, qui accompagnait le conducteur à bord du véhicule, comptait s'installer en Israël pour y travailler dans l'immobilier et, selon Me Cohen-Sabban, les Israéliens se plaignent que les Français fassent monter les prix à Tel Aviv.

Ils veulent être jugés mais en France

Claude Khayat dit avoir été menacé de mort au téléphone par le fiancé de la victime, Lee Zeitouni, et vit désormais caché et dans la peur, a dit son conseil lors d'une conférence de presse.  Les deux hommes «ont parfaitement conscience de la gravité des faits» et sont à l'entière disposition de la justice française pour «répondre de leurs actes», a dit Françoise Cotta. Les deux hommes risquent la même peine en France - dix ans de prison - qu'en Israël, où ils seraient en revanche en danger physique, ont souligné leurs avocats.

Ces derniers n'excluent pas que la position de la France en faveur d'un Etat palestinien puisse jouer un rôle et que les autorités israéliennes veuillent montrer aux autorités françaises que leur politique ne leur plait pas.  La famille de la victime a écrit à l'épouse du président Nicolas Sarkozy, dont la réponse à la mère de Lee Zeitouni, en date du 23 décembre, a été publiée par la presse israélienne.

«Votre exigence que justice soit rendue est pleinement légitime et je la partage entièrement», écrit Carla Bruni-Sarkozy, selon qui les autorités françaises et israéliennes «coopèrent activement» pour permettre que justice soit rendue.

Les autorités israéliennes se sont adressées au parquet de Créteil, qui a saisi un juge d'instruction d'une commission rogatoire internationale. Selon les avocats des chauffards, ces démarches n'ont cependant pas eu de suite.  Pour que les deux hommes puissent être jugés en France, le ministère israélien de la Justice doit dénoncer officiellement à Paris les actes qui leur sont reprochés, ce qui n'a toujours pas été fait, a précisé Michel Apelbaum, autre avocat d'Eric Robic.