Suicide en détention d'une mère condamnée à 20 ans de prison pour infanticides

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Le sniper présumé de la prison de Varces s'est suicidé vendredi matin à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, au matin de son procès.
Le sniper présumé de la prison de Varces s'est suicidé vendredi matin à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, au matin de son procès. — Jean-Pierre Clatot afp.com

Une mère de famille de 42 ans, condamnée le 14 décembre à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tué ses deux enfants de 5 et 9 ans, s'est pendue lundi dans sa cellule des Baumettes et est décédée mardi soir à l'hôpital de La Conception, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Marseille. Janice Dauphinat a tenté de mettre fin à ses jours en se pendant lundi dans sa cellule, a indiqué à l'AFP le procureur adjoint de la République à Marseille, Jean-Jacques Fagni.

«Elle était dans une zone où elle faisait l'objet d'une surveillance toute particulière puisque c'est quelqu'un qui était connue comme fragile et on sait que postérieurement à la condamnation, qui datait du mois de décembre, il y a toujours un choc qui peut se produire chez certains détenus fragilisés», a expliqué M. Fagni.

Première tentative après le meurtre des deux enfants

Transportée à l'hôpital marseillais de la Conception, elle a été hospitalisée en réanimation et est décédée mardi soir en début de soirée, a précisé le magistrat. Une autopsie a eu lieu jeudi, selon la même source.

Durant son procès devant la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence, qui s'est déroulé du 12 au 14 décembre à Digne-les-Bains, la quadragénaire avait reconnu avoir tué, le 15 mars 2009 à Châteauneuf-Val-Saint-Donat, ses deux enfants, Quentin, 5 ans, et Noélie, 9 ans. Elle avait expliqué son geste par sa volonté de protéger de leur père les deux enfants. En 2007, dans le cadre de sa procédure de divorce, Janice Dauphinat avait porté plainte contre son mari, l'accusant d'attouchements sexuels sur leur fille. La justice avait classé la plainte sans suite.

Les experts psychologues et psychiatres avaient dressé le portrait «d'une personne vivant complètement dans sa tour d'ivoire», expliquant que «chaque décision qui lui était défavorable (dans la procédure de divorce) la confortait dans le raisonnement que personne ne pouvait et ne voulait la comprendre». Selon un expert en toxicologie, les enfants étaient morts par étouffement et Janice Dauphinat avait avoué leur avoir fait absorber un cocktail de médicaments. Elle avait également affirmé avoir voulu ensuite mettre fin à ses jours, en avalant de nombreux cachets.