Grève des agents de sûreté aéroportuaire à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 20 décembre 2011.
Grève des agents de sûreté aéroportuaire à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 20 décembre 2011. — PIERRE VERDY / AFP

Société

Thierry Ménard, CGT: «Les grévistes sont remplacés par des personnes non qualifiées»

GRÈVE – Les agents de sûreté aéroportuaire reconduisent leur grève, tandis que le gouvernement prône le service minimum dans le transport aérien…

Contacté par 20 Minutes, Thierry Ménard, secrétaire fédéral de la CGT commerce, distribution et services, fait le point après la reconduite de la grève des agents de sûreté des aéroports.

Comment se sont passées les discussions de ce mardi avec le patronat?

Nous nous sommes vus opposer une fin de non recevoir sur les revendications des salariés et des syndicats. Le début des négociations est toujours conditionné au: «arrêtez la grève et on négociera». Les salariés sont remontés et ont décidé la poursuite de la grève pour demain (mercredi, ndlr). Nous voulons une ouverture des négociations sur les revendications que l’on porte, là on fait un chantage aux salariés: le début des négociations contre la fin de la grève.

Que pensez-vous du «remplacement» des personnels grévistes de la sûreté aéroportuaire?

Un agent de sûreté aéroportuaire doit détenir deux agréments, renouvelés régulièrement, et suivre une formation continue tous les trois mois. Si dans ce processus il loupe un de ces agréments, qui sont délivrés par le préfet et le procureur, il est licencié. Quelqu’un d’une société extérieure remplaçant un salarié gréviste n’a pas cet agrément, il n’est pas qualifié. En plus de casser la grève, cela pose la question de la sécurité aéroportuaire. Sans compter que d’un point de vue légal, les employeurs se mettraient en infraction: les salariés remplaçants peuvent avoir un badge pour l’accueil, mais ils ne peuvent pas assurer la sûreté sans agrément.

Comment accueillez-vous la proposition de loi du député UMP Eric Diard sur le service minimum dans le transport aérien, copié sur celui du transport ferroviaire?

C’est proprement scandaleux. Ce député et le ministre des Transports se saisissent de cette grève pour déposer cette proposition de loi, mais nous ne sommes pas un service public comme le transport ferroviaire, nous sommes dans le privé. C’est donc une remise en cause du droit de grève, et c’est plus de pression à supporter pour les salariés. En plus, ils disent que les grévistes «prennent en otage» les gens, mais un préavis a été déposé sept jours avant. Ce temps donné permettait les négociations, le gouvernement et le patronat n’ont pas saisi cette occasion et ont laissé pourrir la situation.

Quelle réponse allez-vous y apporter?

On est en train de préparer une réponse. Concernant la légalité de l’emploi de «remplaçants» à la place des grévistes, on sait que sur Roissy, ce seraient des agents de Sécuritas Hollande, et sur Lyon, des personnes sans agréments. Donc des personnels pas formés, parfois étrangers. Aujourd’hui, ils font tourner les aéroports, au prix d’une certaine dangerosité.