Prothèses PIP: 30.000 femmes vont devoir les enlever

SANTÉ e coût de l'extraction des prothèses ne sera remboursé que pour les opérations de chirurgie réparatrice...

Bérénice Dubuc

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Une prothèse mammaire de marque PIP.
Une prothèse mammaire de marque PIP. — IBO/SIPA

Les autorités sanitaires sont sur le point d'annoncer leur décision. Elles vont demander aux 30.000 femmes porteuses d'implants mammaires défectueux produits par la société varoise PIP (Poly implants prothèses) de se les faire enlever, au plus tard d'ici à la fin de la semaine, affirme ce mardi Libération citant la Direction générale de la santé. Cette annonce a lieu moins d'une semaine après la tenue du premier comité de suivi des femmes porteuses de ces prothèses au ministère de la Santé.

>> Prothèses mammaires PIP: Quels sont les risques réels? Pour tout savoir, cliquez ici.

«Aussi bien le directeur général de la Santé que la présidente de l'Institut national du cancer (Inca) mais aussi le chirurgien vedette du groupe hospitalier Henri-Mondor à Créteil, Laurent Lantieri, nous l'ont confirmé», assure le quotidien: «Avant la fin de la semaine, les autorités vont demander à toutes les femmes porteuses de prothèses mammaires de la marque PIP de se les faire retirer: des prothèses, conçues à partir d'un gel non conforme, qui peuvent se déchirer et provoquer, outre des inflammations, des cancers.»

Un plan d'action du gouvernement d'ici la fin de la semaine

«Aujourd'hui, nous sommes dans un processus d'évaluation de ces prothèses mammaires», a déclaré sur LCI la ministre du Budget, Valérie Pécresse, qui est aussi porte-parole du gouvernement. Compte tenu des risques de cancer, l'urgence est à ce stade que toutes les femmes qui ont des prothèses PIP retournent voir leur chirurgien, a-t-elle poursuivi. «Le gouvernement annoncera d'ici la fin de la semaine son plan d'action», a-t-elle ajouté.

Valérie Pécresse a souligné qu'il fallait d'abord recenser toutes les femmes ayant ce type de prothèses et qui «peuvent être potentiellement en danger». S'il y a urgence sanitaire et de santé publique, les opérations nécessaires pour retirer ces implants seront à la charge de la Sécurité sociale, a-t-elle ajouté.

« Il n'y a pas d'urgence, mais il n'y a plus de choix. Il faut retirer toutes les prothèses»

Ces prothèses mammires défectueuses sont au coeur d'une polémique sanitaire depuis le mois de novembre: elles sont suspectées d'avoir causé la mort d'au moins une femme et la mise en danger de milliers d'autres. Neuf femmes porteuses de ces prothèses sont en effet aujourd'hui atteinte d'un cancer. «Nous sommes face à une crise sanitaire liée à une escroquerie. Toute la profession en est consciente. Il n'y a pas d'urgence, mais il n'y a plus de choix. Il faut retirer toutes les prothèses», explique au quotidien le professeur Lantieri, chirurgien spécialisé dans la chirurgie réparatrice.

Cependant, le remboursement de cette extraction des prothèses défectueuses ne sera remboursé que pour les opérations de chirurgie réparatrice, pas pour les femmes s'étant fait implanter des prothèses pour des questions esthétiques.

Selon les estimations, 30.000 femmes en France portent ces implants défecteux, farbiqués à partir de silicone à usage non médical. Elles seraient  300.000 dans le monde.

 

 

Les produits de la société varoise Poly Implant Prothèse (PIP) ont été retirés du marché en mars 2010 en raison de la non-conformité du gel utilisé avec les règles médicales en vigueur. Plus de 2.000 plaintes de porteuses de prothèses PP ont été déposées depuis cette date.

L’Afssaps a mis en service un numéro vert dédié aux implants mammaires PIP, le 0800 636 636, accessible du lundi au samedi de 9h à19h.