Pédophilie: Le rapport choc contre l'Eglise catholique néerlandaise

SOCIETE Plusieurs dizaines de milliers d'enfants auraient subi des abus...

P.B. avec Reuters

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L'archevêque d'Utrecht, Wim Eijk, présente les excuses de l'Eglise catholique, le 16 décembre 2011, alors qu'un rapport estime qu'entre 10.000 et 20.000 enfants passés par une institution de l'Eglise ont subi des abus depuis 1945 aux Pays-Bas.
L'archevêque d'Utrecht, Wim Eijk, présente les excuses de l'Eglise catholique, le 16 décembre 2011, alors qu'un rapport estime qu'entre 10.000 et 20.000 enfants passés par une institution de l'Eglise ont subi des abus depuis 1945 aux Pays-Bas. — B.CZERWINSKI/AP/SIPA

Ecole, catéchisme, orphelinat... Entre 10.000 et 20.000 enfants passés par une institution catholique néerlandaise depuis 1945 ont été victimes d'abus sexuels, affirme un rapport choc publié vendredi, après un an d'enquête.

Les abus commis par des prêtres ont été systématiquement dissimulés par l'Eglise, a ajouté la commission. «L'Eglise catholique n'a pas l'habitude de laver son linge sale en famille», a dit Wim Deetman, ex-ministre de l'Education et ancien maire de La Haye, qui présidait la commission. «L'Eglise a commis des crimes contre l'humanité», a dénoncé pour sa part Bert Smeets, militante de Mea Culpa, une organisation d'aide aux victimes.

 

«Honte et regrets»

«Cet épisode nous remplit de honte et de regrets», a réagi l'association des évêques, dans un communiqué.

 

Dans la plupart des cas, il s'agissait d'abus «modérés», principalement des avances sexuelles et des contacts inappropriés, indique le rapport. Mais il précise cependant que «plusieurs milliers» d'enfants et d'adolescents ont été violés. L'étude a porté sur 34.000 personnes.

 

Une centaine de suspects encore en vie

Prêtres, enseignants, moines... L'enquête a identifié 800 suspects, dont une centaine est encore en vie.

 

La commission a également publié des recommandations, estimant que selon la sévérité des cas, l'Eglise catholique devrait verser entre 5.000 et 100.000 euros par victime, et mettre en place un centre d'aide pour les personnes ayant subi des abus.