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Le premier président de la Ve condamné

Le premier président de la Ve condamné

Justice L'ex-chef de l'Etat a été déclaré coupable hier. Il écope de deux ans de prison avec sursis
Jacques Chirac ne fera pas appel, mais il « conteste totalement le fond » du jugement.
Jacques Chirac ne fera pas appel, mais il « conteste totalement le fond » du jugement. -  ARSOV / SIPA
Vincent Vantighem

Vincent Vantighem

«Votre jugement sera la dernière image donnée de Jacques Chirac », avait prévenu son avocat, Georges Kiejman, en s'adressant au tribunal en septembre. La dernière image donnée est donc celle d'un homme condamné à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel a reconnu, hier, Jacques Chirac coupable de « détournement de fonds publics » et de « prise illégale d'intérêts » dans le dossier des emplois fictifs de la Mairie de Paris. C'est la première fois qu'un ancien chef de l'Etat de la Ve République est condamné. « Il a pris la nouvelle avec sérénité, a commenté Jean Veil, un autre de ses avocats, sur RTL. Hier soir, Jacques Chirac a annoncé qu'il ne ferait pas appel, même s'il « conteste totalement le fond » du jugement.

« Manque de probité »
Absent lors de son procès pour raisons médicales, Jacques Chirac avait tout de même fait savoir aux juges qu'il « assumait le recrutement » des emplois fictifs. S'il encourait jusqu'à dix ans de prison et 150 000 € d'amende, il espérait secrètement être condamné, mais dispensé de peine. Le tribunal en a décidé autrement. « L'ancienneté des faits […], l'âge et l'état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que [ses] éminentes responsabilités » ont été pris en compte, mais n'ont pas permis d'occulter, selon le jugement, son « manque de probité » dans cette affaire. « Un certain nombre de Français ne retiendront que la sanction », reconnaît Jean Veil. Et c'est sans doute la pire des peines.

Les autres prévenus

Sept des neuf autres prévenus jugés ont été sanctionnés dont Jean de Gaulle, le petit-fils du général, ou l'ex-patron du syndicat FO, Marc Blondel. Il a été reconnu coupable, mais dispensé de peine car son garde du corps personnel était payé par la Ville de Paris. En revanche, Michel Roussin, ex-directeur de cabinet, a été relaxé.