Changements d'horaires à la SNCF: Rodage en douceur sans drame à la gare de Toulouse Matabiau

TRANSPORT Pour calmer les ardeurs des passagers, la SNCF a organisé une grande distribution de bonbons...

© 2011 AFP

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Le hall de la gare de Toulouse Matabiau est calme comme un dimanche habituel ce 11 décembre: seul signe apparent du grand chambardement des horaires, des "gilets rouges" informent les voyageurs et distribuent des bonbons, peut-être pour adoucir les déconvenues de certains passagers.
Le hall de la gare de Toulouse Matabiau est calme comme un dimanche habituel ce 11 décembre: seul signe apparent du grand chambardement des horaires, des "gilets rouges" informent les voyageurs et distribuent des bonbons, peut-être pour adoucir les déconvenues de certains passagers. — Pascal Pavani afp.com

Le hall de la gare de Toulouse Matabiau est calme comme un dimanche matin habituel ce 11 décembre: seul signe apparent du grand chambardement des horaires, une distribution de bonbons à l'arrivée comme au départ, peut-être pour adoucir les déconvenues de certains passagers.

"On fait les changements d'horaire traditionnellement le dimanche, il y a deux fois moins de trains qu'un jour de semaine, c'est un rodage avant l'afflux du lundi matin", explique un membre de la direction régionale de la SNCF Dominique Damide.

Victime des nouveaux horaires

"Je pensais que les passagers seraient plus énervés, on verra demain" commente un des jeunes distributeurs de bonbons en gilet rouge, Etienne Rossi. Peu de drames il est vrai parmi une dizaine de passagers interrogés par l'AFP avant 09H00 au départ vers Narbonne (Aude) ou l'Isle-Jourdain (Gers) ou à l'arrivée d'Auch.

Mais à l'arrivée du TER de 8h42 en provenance d'Agen, on lit la fatigue et l'abattement sur le visage d'une jeune passagère. Audrey Fourgeaud, jeune technicienne aéronavale de presque 18 ans est militaire à Hyères (Var) et rentre chez elle à Agen le week-end, elle change de train à Toulouse: c'est une vraie victime des nouveaux horaires.

"Avant pour retourner à Hyères le dimanche je partais d'Agen à 14h42 et j'arrivais à 21h34. Là je suis obligée de partir à 7h00 du matin et j'arrive à deux heures de l'après-midi, alors que je ne reprends le travail que lundi matin", explique-t-elle. "Je vais plus pouvoir rentrer à Agen le week-end si ça continue, sachant que le vendredi soir ça a un peu changé aussi et que j'arrive à 23h24 à Agen au lieu de 22h12", lâche la jeune fille.

Hausse des prix

Jean Ribet, arrivé de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) à 08h29 est parti 7 minutes plus tôt que d'habitude: "Pas de problème" lance le quadragénaire qui attend sa correspondance vers Paris.

Voyageur régulier, il s'inquiète surtout de ce Toulouse-Paris. "Sur mes prochains trajets on ne passe plus par Agen et Bordeaux mais on me fait faire le tour par Montpellier avec le temps en plus et le tarif qui va avec" se plaint-il.

Dans le Toulouse-Narbonne de 08h21, Adrien Appel, étudiant d'école de commerce en alternance, explique qu'il partage son temps entre Grenoble et Toulouse. "Tous les 15 jours je passe trois jours à Grenoble, après les vacances en janvier, j'y arriverai à 01h00 du matin au lieu de 23h00", énonce-t-il, stoïque.

Dans le même train, trois jeunes filles, retour de boîte, descendront à Villefranche-de-Lauragais, sans remarquer de changement d'horaire.

Distribution de bonbons

Mais lundi matin, l'une d'elle, prénommée Audrey, fera le chemin en sens inverse pour aller au lycée à Toulouse. "Je prendrai le train à 07h15 au lieu de 07h30", chuchote-t-elle dans une moue avant de positiver: "Le soir j'aurai plus de trains".

De son côté, l'un des hommes aux bonbons, intérimaire chez Cityone, est radieux: "deux jours de travail de 07h00 à 14h00 dimanche et lundi, c'est une bonne opération".

La SNCF, quant à elle, fait valoir que "le nouveau dispositif créera 150 arrêts de plus par semaine dans la région".