Policier mort à Vitrolles: Les accusations de mise en scène par Nicolas Sarkozy démenties par l'hôpital

POLÉMIQUE ric Lales aurait déjà été en état de mort cérébrale la veille du déplacement du chef de l'État...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Nicolas Sarkozy, entouré de Pascal Lalle, directeur de la Sûreté des Bouches-du-Rhône (à gauche), et du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (à droite), le 8 décembre 2011, à Marseille.
Nicolas Sarkozy, entouré de Pascal Lalle, directeur de la Sûreté des Bouches-du-Rhône (à gauche), et du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (à droite), le 8 décembre 2011, à Marseille. — POOL NEW / REUTERS

L’annonce, jeudi, de la mort d’un policier marseillais par Nicolas Sarkozy a-t-elle été mise en scène? C’est ce que suggère le journaliste Olivier Bonnet sur son blog, «Plume de presse», affirmant que le fonctionnaire était déjà en état de mort cérébrale depuis mercredi soir, sur la base du témoignage d’un membre du personnel des hôpitaux de Marseille.

Ceux-ci ont aussitôt démenti cette information ce vendredi, faisant part «de (leur) étonnement et de (leur) indignation quant à la polémique naissante». «L’ensemble des traitements et examens nécessaires ont été mis en œuvre par les équipes médicales et soignantes dans le cadre des bonnes pratiques médicales et de la déontologie afférente. Le chef de service de réanimation est en capacité de rétablir la chronologie des faits et modalités de prise en charge», ajoute le communiqué.

Nicolas Sarkozy et les «derniers instants de vie» du policier

Lorsqu’il a fait son annonce jeudi matin, Nicolas Sarkozy a déclaré avoir assisté peu avant à aux «derniers instants de vie» du policier à l'hôpital Nord de Marseille. «Je viens d'apprendre la mort du fonctionnaire de police Eric Lales, abattu froidement par des délinquants sans scrupules. Il laisse une jeune femme veuve et deux petites filles orphelines», a-t-il indiqué au préalable à l'issue d'une réunion d'une heure à l'hôtel de police de Marseille.



Eric Lales, 37 ans, membre de la Bac d'Aix-en-Provence, était entre la vie et la mort après avoir été touché à la tête et l'abdomen le 28 novembre, lors d'une fusillade. Le policier blessé participait à une course poursuite pour tenter d'intercepter quatre malfaiteurs soupçonnés de piller des entrepôts de la région marseillaise.

Eric Lales «débranché» après la venue de Nicolas Sarkozy?

Pour Olivier Bonnet,  la visite de Nicolas Sarkozy aurait coïncidé avec la mort «clinique» du policier. «Un flic m'avait glissé que le policier, déjà en mort cérébrale, serait "débranché" après la venue de Sarkozy. Je ne l'ai pas cru. A tort», avait indiqué dans ce sens Philippe Pujol, journaliste à La Marseillaise, sur Twitter jeudi.

Olivier Bonnet s’appuie également sur le témoignage de Marc Louboutin, écrivain et ancien policier, qu’il cite: «Eric Lales était dans un état désespéré depuis mercredi après-midi. Après une discussion avec les médecins, sa femme a demandé à ce qu’on le débranche. Il était en état de mort clinique, de mort cérébrale. L’annonce de sa mort est tombée en même temps que celle de la visite de Sarkozy. (…) Les réseaux sociaux de policiers ont pleuré sa mort mercredi soir à partir de 23h. Comment se fait-il que le président de la République puisse "partager les derniers instants" de ce policier 20 heures plus tard? Les politiques ont demandé à ce que la nouvelle ne soit pas annoncée. Sarkozy n’a pas vu Eric Lalès vivant.» Contacté par 20 Minutes, l’Elysée n’a pas encore donné suite à notre demande de réaction.