Affaire DSK: Le gouvernement dément avoir appelé le procureur de New York

ENQUÊTE elon «Libération», des fonctionnaires de ministères français auraient prévenu Cyrus Vance que le nom de Strauss-Kahn apparaissait dans l'affaire de proxénétisme présumé du Carlton de Lille...

Enora Ollivier

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Dominique Strauss-Kahn est libre depuis l'audience du 23 août 2011
Dominique Strauss-Kahn est libre depuis l'audience du 23 août 2011 — MANTEL/SIPA REUTERS/Bob Strong

Mais quel jeu mènent les ministères français dans l'affaire DSK? Selon le journal Libération, des fonctionnaires du Quai d’Orsay et du ministère de la Justice auraient appelé le bureau du procureur Cyrus Vance le 15 mai, au lendemain de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn.

L' information est démentie ce vendredi par le porte-parole du ministère de la Justice, qui qualifie ces éléments d'«allégations dénuées de tout fondement et d'ailleurs de la moindre vraisemblance». Et d'après Bernard Valero, le porte-parole du Quai d'Orsay, «seuls le consul général et son adjoint à New York ont eu des contacts avec les autorités new-yorkaises, en l'occurrence exclusivement la police et la prison de l'Etat» dans le cadre de la protection consulaire. «A aucun moment, le ministère n'a appelé le bureau du procureur», a-t-il ajouté.

La libération sous caution annulée?

Selon Libération , deux fonctionnaires auraient transmis à John McConnell, un des adjoints du procureur, des éléments sur l’affaire Tristane Banon, mais aussi sur la possible implication de DSK «dans une affaire de prostitution dans le nord de la France». Or, rappelle le journal, le dossier de proxénétisme présumé au Carlton de Lille –auquel il semble être fait allusion– est censé être couvert par le secret de l’instruction.

Ces appels semblent avoir eu des conséquences dans la procédure. En effet, d’après Libération, les avocats de DSK et le bureau du procureur avaient conclu un accord ce même dimanche 15 mai, afin de libérer en échange d’une caution de 250.000 dollars (187.000 euros) celui qui était encore directeur du FMI. Seulement, le soir même, les magistrats ont changé d’avis et se sont finalement opposés à une remise en liberté, sans donner d’explication.

Informations «explosives»

Lundi 16 mai, le lendemain, l’adjoint du procureur John Mc Connell a justifié cette décision auprès de la juge Melissa Jackson, affirmant «avoir reçu des informations selon lesquelles DSK avait eu une conduite similaire à celle qui lui est reprochée par la plaignante à au moins une autre occasion».

Ces informations, si elles sont confirmées, «seraient explosives», estime Libération car «elles signifieraient une intervention française très rapide pour partager des éléments à charge contre DSK, et qui auraient eu pour conséquence de l’envoyer dans la prison de Rikers Island». Le journal indique que les fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères et de la Justice suspectés d’avoir passé les appels ont démenti avoir téléphoné au bureau du procureur. Quant à ce dernier, il a indiqué ne pas vouloir commenter.