La lutte contre la corruption doit être une priorité politique, estime l'ONG Transparence Internationale

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Transparence Internationale (TI) France a appelé à faire de la lutte contre la corruption une priorité politique en publiant un rapport qui analyse les mécanismes anti-corruption existants dans l'Hexagone et leur efficacité.
Transparence Internationale (TI) France a appelé à faire de la lutte contre la corruption une priorité politique en publiant un rapport qui analyse les mécanismes anti-corruption existants dans l'Hexagone et leur efficacité. — Bay Ismoyo afp.com

Transparence Internationale (TI) France a appelé à faire de la lutte contre la corruption une priorité politique en publiant un rapport qui analyse les mécanismes anti-corruption existants dans l'Hexagone et leur efficacité.

"Si, par rapport aux standards internationaux, le système national d’intégrité français est globalement satisfaisant, il montre cependant des signes de fragilité: affaiblissement des canaux classiques d’expression et de participation politique, recul de la cohésion sociale, remise en question de l’Etat et des dirigeants", écrit l'ONG dans son rapport.

La branche hexagonale de l'organisation anti-corruption Transparency international a attribué une note à des entités comme le Parlement, le monde de l’entreprise, l’exécutif, la Cour des comptes, les médias ou encore la société civile, au regard de leur indépendance, de leur transparence, de leur intégrité et de leur contribution à la lutte contre la corruption.

Besoin de cadre légal

"Alors que les juridictions financières et les organes de contrôle des élections obtiennent les meilleures notes, le Parlement, l’exécutif et la justice apparaissent comme les maillons faibles", affirme l'ONG dans ses conclusions.

"Lorsque ces institutions fonctionnent correctement, elles constituent un +Système national d’intégrité+ sain et solide, capable de lutter efficacement contre les différentes formes d’abus de pouvoir, de malversations et de détournements", poursuit-elle.

"A l’inverse, lorsque ces institutions ne bénéficient pas d’un cadre légal et de moyens d’action adaptés ou que leurs responsables ne manifestent pas un véritable engagement en la matière, la corruption peut prospérer", précise-t-elle.

Douze recommandations prioritaires

TI présente douze recommandations prioritaires afin d'améliorer la situation en France, parmi lesquelles un appel aux partis politiques à "enfin ériger la lutte contre la corruption en véritable priorité", et celui d'une réforme du "statut du Parquet afin d’en faire une véritable autorité judiciaire indépendante du pouvoir exécutif et doter la police financière de moyens suffisants".

Elle appelle également à "renforcer l’impartialité de la procédure de classification, en dotant la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) d’un pouvoir de décision susceptible d’appel".

Originalité de la démarche

Enfin, elle réclame "la publication de déclarations d’intérêts précises à tous les niveaux de la décision publique" et demande aux entreprises françaises de prendre des engagements publics en matière de lutte contre la corruption.

"Cette étude est une première dans notre pays", a souligné le président de l'ONG Daniel Lebègue. Il a précisé qu'une étude similaire était conduite dans 25 pays d'Europe qui permettra lors de sa publication dans quelques mois de dresser un "état comparatif du dispositif français avec d'autres pays en Europe en termes d'efficacité, de transparence et de résultats".

Outre la France, figurent parmis ces pays l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la Finlande, la Norvège, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, la Pologne et la Grèce.

La France figure au 25e rang, soit parmi les pays les mieux notés au classement international 2011 du degré de perception de corruption établi par Transparency International.

Le rapport de l'ONG est publié à la veille de la journée mondiale des Nations Unies contre la corruption, le 9 décembre.