Mort de Valentin: Le procès de deux marginaux débute ce lundi

JUSTICE Stéphane Moitoret et Noëlla Gégo sont jugés dans l'Ain pour la mort de Valentin, 10 ans, tué de 44 coups de couteaux en 2008...

Reuters
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Stéphane Moitoiret, principal suspect dans le meurtre de Valentin, 11 ans, le 28 juillet à Lagnieu (Ain), a été mis en examen mardi pour "homicide avec préméditation sur mineur de 15 ans avec actes de barbarie", a annoncé mardi le procureur de Bourg-en-Bresse Jean-Paul Gandolière.
Stéphane Moitoiret, principal suspect dans le meurtre de Valentin, 11 ans, le 28 juillet à Lagnieu (Ain), a été mis en examen mardi pour "homicide avec préméditation sur mineur de 15 ans avec actes de barbarie", a annoncé mardi le procureur de Bourg-en-Bresse Jean-Paul Gandolière. — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Au terme de longs débats entre experts psychiatriques, un couple de marginaux est jugé à partir de lundi à Bourg-en-Bresse par la cour d'assises de l'Ain pour le meurtre de Valentin, un petit garçon de dix ans, en juillet 2008 à Lagnieu.

Stéphane Moitoiret, 42 ans, détenu au sein d'une unité spécialisée de l'hôpital psychiatrique de Bron (Rhône), comparaît pour «assassinat sur mineur de quinze ans accompagné d'actes de torture ou de barbarie». Sa compagne, Noëlla Hego, 52 ans, est poursuivie pour «complicité d'assassinat». Le couple sera également jugé pour la tentative d'enlèvement d'un autre garçonnet de cinq ans en 2006.

Une «mission divine»

Valentin Crémault avait succombé dans la nuit du 28 au 29 juillet 2008 à 44 coups de couteau portés alors qu'il faisait du vélo dans les rues du village de Lagnieu (Ain). Il avait été confié pour quelques jours un ami de ses parents qui, ne le revoyant pas revenir à une heure avancée de la soirée, l'avait découvert dans une ruelle, près de son vélo, gisant dans une mare de sang.

Des gouttes de sang retrouvées le long de la rue principale du village, les enregistrements de vidéosurveillance, ainsi que la présence d'un couple de marginaux dans le secteur, avaient amené le 3 aoât, les gendarmes, à interpeller au Cheylard (Ardèche) Stéphane Moitoiret et Noëlla Hego. Confondu par son ADN, retrouvé sur la victime, Stéphane Moitoiret avait tenu aux enquêteurs des propos confus, faisant état d'une «mission divine» et disant être soumis à sa compagne qu'il appelait «sa majesté».

Noëlla Hego avait expliqué aux enquêteurs que Stéphane Moitoiret était rentré tard dans la nuit du 29 juillet à la cure de Sorlin où tous deux étaient logés en disant avoir «tué un petit garçonç et ceci «forcé par quelque chose». Le marginal avait pris soin de se débarrasser dans la nature de ses vêtements ensanglantés, de ses sandales et de son couteau. Puis le couple avait pris la fuite en auto-stop.

Deux accusés très gravement perturbés

Stéphane Moitoiret et Noëlla Hego, qui s'étaient rencontrés en 1987, avaient mené une vie d'errance sur les routes de France et d'Italie où ils se présentaient comme «des pèlerins venus d'Australie» et porteurs d'une mission divine. Le procès sera l'occasion d'un débat nourri sur le degré de responsabilité pénale des malades psychiatriques.

Stéphane Moitoiret est décrit par les experts comme «une personnalité psychotique avec des capacités intellectuelles limitées» et comme «un sujet schizophrène panaroïde» dangereux. Sa compagne présenterait «une très riche activité délirante» et souffrirait d'un «trouble mental gravissime proche de la schizophrénie». Une dizaine d'experts psychiatres se sont penchés sur leur cas pour tenter de déterminer leur responsabilité pénale.

«Trop facile de dire que c'est un fou»

Quatre se sont prononcés en faveur d'une «abolition» du discernement au moment des faits et six pour une «altération» du discernement, permettant ainsi à la justice d'engager les poursuites. La défense compte s'appuyer sur ces divergences d'appréciation pour plaider «l'irresponsabilité pénale».

Dans le quotidien Le Progrès, le père du petit Valentin refuse le principe de l'irresponsabilité pénale. «Quand il y a un crime d'une telle barbarie, on dit tout de suite que c'est un fou. C'est trop facile», dit Jean-Pierre Crémault. «Ces gens-là ne doivent pas aller en psychiatrie, on peut les soigner en prison», ajoute-t-il.