Quel changement vous inciterait à donner davantage votre sang?

APPEL A DÉBAT et automne encore, les réserves françaises de sang frôlent la panne sèche. Les Français ne semblent pourtant pas se ruer vers les centres de dons. Comment les encourager à donner?

Christine Laemmel

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Dans la région, les réserves de sang sont inférieures à dix jours.
Dans la région, les réserves de sang sont inférieures à dix jours. — F. Scheiber / 20 minutes

«Jamais de la vie! Jamais de la vie!» a assuré Xavier Bertrand ce mercredi matin. Jamais la France ne remettra en cause le don de sang anonyme et gratuit, en important du sang de l’étranger, par l’intermédiaire d’entreprises qui rémunèrent le donneur.

L’éventualité évoquée plus tôt dans la matinée dans Le Parisien, par le président de la Société française de transfusion sanguine a été balayée d’un revers de manche par le ministre de la Santé. Le manque de sang en France est pourtant bien réel. Et chaque nouvel appel aux dons vient le rappeler.

Donner son sang ne semble à première vue pas être un geste compliqué : connu de tous, indolore, rapide (environ 30 minutes, questionnaire détaillé compris), facile (pas besoin d’être à jeun par exemple), sa nécessité n’est contestée par personne.

Tout au plus un certain nombre de restrictions, certaines plus gênantes que d’autres, en raison du principe de précaution. Vous ne pourrez ainsi jamais donner votre sang  «si vous avez eu des relations sexuelles entre hommes», si vous avez déjà bénéficié d’une transfusion sanguine, ou si vous avez séjourné plus d’un an au Royaume-Uni entre 1980 et 1996 (période de l’épidémie dite de la vache folle). Vous devrez attendre quatre mois après un piercing ou un tatouage, 15 jours après une grippe, ou 7 jours après un détartrage.

Pour motiver les donneurs, l’Etablissement Français du sang multiplie les initiatives: lancement d’une application pour smartphone en avril 2011 ou campagne de sensibilisation des classes de CM1 et CM2 (le don n’est possible qu’à partir de 18 ans).

En cherchant bien, le seul hic qui concerne tout le monde, pourrait donc bien être la gratuité. En 2007, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 31 pays dans le monde reconnaissaient rémunérer ou dédommager les «donneurs» de sang, comme les Etats-Unis (pour environ 20$ la visite) ou l’Allemagne. L’OMS précise à ce propos qu’ «une forte proportion de l’approvisionnement dépend encore des donneurs (dédommagés) et des donneurs rémunérés.»

Et vous, seriez-vous d’avantage incité à donner votre sang, si le don était dédommagé financièrement? Pensez-vous que les pré-requis actuels pour effectuer un don, sont trop restrictifs? Avez-vous déjà été confronté à l’impossibilité de donner, alors que vous le souhaitiez? Estimez-vous manquer d’information sur le don de sang? Pourquoi, selon vous, les Français donnent-ils si peu leur sang? Quel changement vous pousserait à le faire davantage?
 
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