Convention UMP: Le parti présente ses idées sur la sécurité et la délinquance

CONVENTION UMP La manifestation, consacrée au «rassemblement», a permis à la majorité de promouvoir des idées portées par la droite du parti...

Anne-Laëtitia Béraud, à Villeurbanne (Rhône)

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Jean-François Copé à Lyon, le 29 novembre 2011, lors de la Convention de l'UMP sur la sécurité.
Jean-François Copé à Lyon, le 29 novembre 2011, lors de la Convention de l'UMP sur la sécurité. — Cyril Villemain

De notre envoyée spéciale

«Celui qui ne respecte pas la règle ne sera pas respecté par la République. Nous ne sommes pas des gens brutaux, mais nous croyons à l’autorité», martèle Jean-Pierre Raffarin lors de la convention de l’UMP «du rassemblement», organisée ce mardi soir dans la salle Double Mixte de Villeurbanne (Rhône).

Consacrée aux sujets régaliens, la manifestation, organisée devant un parterre de militants lyonnais, est emmenée par Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, et Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et chargé du projet présidentiel. Une petite délégation de ministre et de parlementaires, dont Luc Chatel (Education), l’ancien garde des Sceaux Dominique Perben, ici sur ces terres, sont présents.

Répression accrue des jeunes

Le rassemblement porte sur le vivre-ensemble, certes, mais consacre également des idées portées à la droite de l’UMP, alignées sur le mouvement «Droite populaire». Délinquance des mineurs, violence scolaire, autorité, mais aussi lutte «contre la montée des fondamentalismes extrémistes qui doit être absolument enrayée», les sujets sur la sécurité et l’immigration sont à l’honneur.

Afin d’«adapter la justice des mineurs aux nouveaux phénomènes de délinquance et lutter contre le sentiment d’impunité», l’UMP propose un code pénal «spécifique» pour les mineurs, tout comme des sanctions à l’encontre des délinquants dès l'âge de 12 ans, contre 13 ans actuellement.

Sur le même thème, une nouvelle loi de programmation de la justice est proposée pour améliorer son fonctionnement, alors que l’opposition critique «l’empilement législatif» dans ce domaine. Le parti prône d’ailleurs la séparation des fonctions de protection et de répression du juge des mineurs.

La mesure est critiquée par les syndicats de magistrats, qui estiment qu’un jeune délinquant peut être également la victime d’un foyer défaillant. Selon eux, séparer les deux fonctions du juge pourrait ainsi limiter l’assistance portée à ces jeunes.

Chasse aux voix envolées du côté du FN

Sur le terrain policier, le renforcement de la présence des forces de sécurité sur le terrain est préconisé… mais sans revenir sur les réductions d'effectifs de l’actuel quinquennat. Autre proposition: supprimer l’automaticité des réductions de peine et des aménagements de peine, et multiplier les places de prison afin de disposer de «80.000 places de prison en 2017».

Après la verve sécuritaire, place au discours sur l’immigration et la laïcité. L’UMP soutient la politique menée par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a estimé, dimanche, qu’il y a «trop d’étrangers en France»: poursuite de la réforme du droit d’asile, restrictions concernant le regroupement et le rapprochement familial, élargissement de la politique de reconduite aux frontières, conditionnement de l’aide aux pays pauvres à leurs efforts pour combattre et rapatrier l’immigration clandestine.

Cette convention prendrait-elle des airs de chasse aux voies parties au Front national? Absolument pas, estime Jean-François Copé, qui explique que «le Front national a un intérêt objectif à ce que les problèmes ne soient pas résolus». A six mois de la présidentielle, le mouvement de balancier vers la droite de l’UMP semble pourtant engagé.