Cantine scolaire: L'affichage des mauvais payeurs provoque la colère des parents

POLÉMIQUE n maire charentais a installé un écran numérique à l’entrée d'une cantine scolaire indiquant si les parents étaient à jour dans leurs paiements...

Barthélémy Safar

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Des enfants mangent à la cantine. Illustration repas cantine.
Des enfants mangent à la cantine. Illustration repas cantine. — G . VARELA / 20 MINUTES

De prime abord l’écran numérique, composé de petits oursons de couleurs, paraît ludique et attractif. Mais le dispositif installé par le maire de Ruffec (Charentes) à l’entrée d’une cantine scolaire ne fait pas sourire les parents d’élèves. La raison: il permet de savoir si les parents sont de bons payeurs ou non.

Devant le nom de chaque enfant apparaît un nounours de couleur, il peut être rouge, vert ou bleu. Le nounours vert désigne les familles qui ont corrèctement réglés les frais de cantine de leur enfant. Le bleu signale des échéances de paiement à court terme. Et le rouge, désigne les parents qui ne sont pas à jour dans le réglèment des frais de cantine.

Le maire se défend d’avoir voulu stigmatiser les élèves

Christine Glangetas, secrétaire de la FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves) de Ruffec, est immédiatement montée au créneau dénonçant une «stigmatisation» des élèves. «Au début du mois, une institutrice a même trouvé un enfant en pleurs dans la cour le midi parce que son nounours était rouge et qu’il ne savait pas s’il pouvait aller manger», a-t-elle déclaré au Parisien.

Cible des critiques, le maire (divers gauche) Bernard Charbonneau plaide non coupable et se défend d’avoir voulu stigmatiser les élèves, et affirme ne pas avoir mesuré la portée du dispositif. «Nous souhaitions que les parents, qui peuvent voir l’écran, y compris en allant chercher leurs enfants à la garderie, puissent savoir où ils en étaient», explique t-il au quotidien.

Des discussions pour l’instauration d’un «quotient familial»

Le maire précise qu’en janvier 2010, les impayés étaient montés à 56.000 euros et que les retards de paiement concernaient près de 40% des élèves. «Nous avons fait passer la dernière lettre de relance directement dans les cahiers des enfants début novembre», ajoute Bernard Charbonneau. Un geste également jugé «violent» par la secrétaire de la FCPE de Ruffec. Le maire promet de mettre tout en œuvre pour corriger le tir et espère que «tous les nounours auront dès que possible la même couleur bleue».

Cependant, il s’est quand même félicité d’avoir fait chuter le nombre d’impayés. Les délégués du FCPE ont de leur côté saisi la balle au bond et demandent désormais l’instauration d’un «quotient familial» pour que les frais de cantine d’un elève soit adapté en fonction des ressources des parents.

Et vous, êtes-vous choqué par ce type de procédé qui rend public l’identité des personnes en retard de paiements? Donnez-nous votre avis dans les commentaires ci-dessous.