L'alcool chez les ados inquiète

Mickaël Bosredon
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Les parents ont-ils une vision trouble de la consommation d'alcool de leurs enfants ? Dans une étude commandée par l'Apel, Association des parents d'élèves de l'enseignement libre, présentée aujourd'hui et que 20 Minutes dévoile en exclusivité, il ressort que 83 % des parents d'enfants scolarisés se disent inquiets de la consommation d'alcool des jeunes en général, mais lorsqu'il s'agit de leurs propres enfants, 85 % d'entre eux estiment que cette consommation est stable ou a diminué par rapport à la leur au même âge. « Quand on est parent, on a souvent le sentiment de bien faire, commente Béatrice Barraud, présidente de l'Apel, mais quand les parents disent qu'ils gèrent, qu'entendent-ils réellement par gérer ? Beaucoup d'entre eux n'ont pas pris conscience de l'ampleur du phénomène. » Les chiffres, eux, sont là. Selon les résultats de l'enquête Escapad réalisée en 2005 par l'Observatoire français des drogues et toxicomanies, 92 % des jeunes de 17 ans et moins disent avoir expérimenté l'alcool, 12 % en faire un usage régulier. Un peu plus de 56 % disent avoir été ivres au moins une fois dans leur vie, 46 % d'entre eux au cours de l'année, et presque 10 % dix fois dans l'année.
« N'aurait-on pas banalisé la consommation de l'alcool ? s'interroge Béatrice Barraud. En tout cas cette consommation débute de plus en plus tôt. Or, on sait que plus on consomme jeune, plus le risque de tomber dans l'addiction augmente. Les alcools consommés deviennent par ailleurs de plus en plus forts. Ils sont atténués grâce à un mélange avec des sodas, mais cela ne change rien au taux d'alcool. Enfin, le mode de consommation devient de plus en plus excessif, ce qui n'a rien à voir avec la consommation des jeunes d'il y a quinze ou vingt ans, ou de l'alcool mondain pratiqué par certains parents. »
Pour la présidente de l'Apel, les parents se doivent d'être « exemplaires en la matière. On ne peut pas interdire aux enfants ce que l'on s'autorise par ailleurs. » Il reste ensuite à effectuer le bon dosage, entre interdiction et prévention. « Il faut discuter, notamment des risques, en matière de sécurité routière ou de comportements sexuels, qu'engendrent une trop forte consommation. »