Exclusif: La consommation d'alcool des ados inquiète de plus en plus les parents

ETUDE 20Minutes dévoile le résultat d'une enquête qui sera présentée mardi 29 novembre, sur la consommation d'alcool chez les adolescents, et la perception qu'en ont leurs parents. Les adultes se disent inquiets en général, mais pas pour leurs propres enfants...

Mickaël Bosredon
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Des jeunes boivent de l'alcool dans la rue. Illustration.
Des jeunes boivent de l'alcool dans la rue. Illustration. — REUTERS/Stephane Mahe

Les parents ont-ils une vision troublée de la consommation d’alcool de leurs enfants? Dans une étude commandée par l’Apel, association des parents d’élèves de l’enseignement libre, présentée mardi 29 novembre et que 20 Minutes dévoile en exclusivité, il ressort que 83% des parents d’enfants scolarisés se disent inquiets de la consommation d’alcool des jeunes en général. Quelque 74% estiment que la consommation des filles a augmenté depuis leur époque, et 59% font le même constat pour les garçons. Mais lorsqu’il s’agit de leurs propres enfants, 85% d’entre eux estiment que cette consommation est stable ou a diminué par rapport à la leur au même âge.

«Quand on est parent, on a souvent le sentiment de bien faire, commente Béatrice Barraud, présidente de l’Apel, mais quand les parents disent qu’ils gèrent, qu’entendent-ils réellement par gérer? Je pense que beaucoup de parents n’ont pas pris conscience de l’ampleur du phénomène.» Analyse confirmée par le pédopsychiatre Xavier Pommereau. Lire son interview ici.

Une consommation de plus en plus jeune, et de plus en plus excessive

Selon les résultats de l’enquête Escapad réalisée en 2005 par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, 92% des jeunes de 17 ans et moins disent avoir expérimenté l’alcool, 12% en faire un usage régulier. Un peu plus de 56% disent avoir été ivres au moins une fois dans leur vie, 46% d’entre eux au cours de l’année, et presque 10% dix fois dans l’année.

«N’aurait-on pas banalisé la consommation de l’alcool?, s’interroge Béatrice Barraud. En tout cas cette consommation débute de plus en plus tôt, or on sait que plus on consomme jeune, plus le risque de tomber dans l’addiction augmente. Les alcools consommés deviennent par ailleurs de plus en plus forts. Ils sont atténués grâce à un mélange avec des sodas ou des jus de fruits, mais cela ne change rien au taux d’alcool. Enfin, le mode de consommation devient de plus en plus excessif, ce qui n’a rien à voir avec la consommation des jeunes d’il y a 15 ou 20 ans, ou de l’alcool mondain pratiqué par certains parents.»

«Les parents doivent se montrer exemplaires»

Pour 40% de parents d’enfants scolarisés, l’élément le plus inquiétant est le fait que les jeunes consomment de plus en plus souvent de l’alcool de façon excessive, jusqu’à l’ivresse, devant la jeunesse des consommateurs (28%).

Pour la présidente de l’Apel, les parents se doivent d’être «exemplaires en la matière. On ne peut pas empêcher aux enfants, ce que l’on s’autorise par ailleurs.» Il reste ensuite à effectuer le bon dosage, entre interdiction et prévention. «Nous invitons les parents à discuter, notamment des risques, en matière de sécurité routière ou de comportements sexuels, qu’engendrent une trop forte consommation.»

Quelque 90% des parents disent qu’il est pour eux facile d’aborder le sujet des dangers de l’alcool avec leurs enfants. Et 67% déclarent qu’ils seraient à l’aise s’ils étaient confrontés à un enfant qui aurait consommé de l’alcool de manière excessive: Retrouvez ici le témoignage d'une mère de famille.

Mais 31% avouent ne pas être suffisamment informés en la matière.