Déontologie des policiers: Les mesures de Guéant commentées par les policiers

POLICE Après les affaires Neyret et du Carlton de Lille, le ministre de l'Intérieur a fait plusieurs annonces. Yannick Danio, délégué national du syndicat Unité SGP-FO, rappelle qu'un code de déontologie existe depuis la moitié des années 80...

Nicolas Bégasse
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Claude Guéant à Bobigny, le 18 novembre 2011.
Claude Guéant à Bobigny, le 18 novembre 2011. — WITT/SIPA

En déplacement à Lyon, Claude Guéant a fait plusieurs annonces relatives à la déontologie dans la police. Le ministre de l’Intérieur tenait à intervenir sur ce sujet, après les affaires de trafic de stupéfiants à Lyon et de proxénétisme à Lille pour lesquelles plusieurs hauts gradés sont mis en cause. Inventaire des annonces, commentées par Yannick Danio, délégué national du syndicat Unité SGP-FO contacté par 20 Minutes.

Renforcement de la formation

Le ministre a annoncé un renforcement de la formation des fonctionnaires en les sensibilisant davantage aux questions d'éthique et de déontologie. Pour Yannick Danio, d’Unité SGP-FO, c’est la vraie bonne nouvelle. «Tout ce qui touche à la formation, tant initiale que continue, est un bien. La formation initiale a besoin d’évoluer et de s’ouvrir au monde extérieur. Aujourd’hui, notamment pour des raisons de budget, elle est sclérosée et la formation continue tend à disparaître», déplore le syndicaliste, qui croit en la volonté du ministre à condition qu’il parvienne à financer son annonce: «Le nerf de la guerre, c’est l’argent», rappelle-t-il.

Création d’un code de déontologie

Claude Guéant veut la création d'un «code de déontologie de la police nationale en liaison avec la nouvelle loi en matière de respect de la personne humaine».  Yannick Danio rappelle que le code de déontologie des policiers existe depuis le milieu des années 80, créé par l’ancien ministre (PS) Pierre Joxe, et qu’il est porté par chaque policier, sous la forme d’une carte résumant ses principaux articles, depuis une décision d’un autre ancien ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua.

Des experts à l’écoute chez la police des polices

Le plan du ministère de l'Intérieur comprend également la mise en place au sein de l'IGPN (la «police des polices») d'une équipe d'appui à la pratique déontologique, pour que les fonctionnaires de police puissent se retourner vers des experts quand «ils ont un souci ou une question». Sur ce point, le délégué national d’Unité SGP-FO est sceptique. «Je n’y crois pas du tout. Que ce soit l’IGPN ou l’IGS (son équivalent parisien, ndlr), il y a un manque de communication entre les policiers et la police des polices, perçue comme un organe qui n’est là que pour sanctionner. Ca ne peut pas marcher.» Des policiers de terrain expérimentés et reconnus seraient de meilleurs «experts» à consulter pour les policiers, selon lui.

Publication d’un code de traitement des sources

«Les difficultés rencontrées par les policiers viennent généralement du traitement des sources, il y a des règles précises à rappeler», a estimé Claude Guéant. Sur ce point, le délégué national d’Unité SGP-FO se contente de rappeler qu’«à partir du moment où un indicateur est identifié et immatriculé, il y a inévitablement au moins un contrôle hiérarchique».