Une maison de retraite à moins de 60 euros par jour

VIEILLESSE Le conseil général de l'Essonne veut créer son propre service public capable de rivaliser avec les opérateurs privés...

William Molinié

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Une personne âgée se repose sur un fauteuil. Illustration sur la vieillesse.
Une personne âgée se repose sur un fauteuil. Illustration sur la vieillesse. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

Après les compagnies aériennes, les voitures, les hôtels ou les supermarchés, bientôt les maisons de retraite low cost? Le conseil général de l’Essonne a posé vendredi à Morangis la première pierre d’une maison de retraite à moins de 60 euros par jour. L’établissement 100% public, de l’acquisition des lieux à leur gestion, pourra accueillir 97 résidents dont 14 seront pris en charge dans le cadre d’un pôle d'activités et de soins adaptés (PASA). «Les principales victimes du système actuel sont les classes moyennes. Elles ne sont pas assez pauvres pour avoir accès à l’aide sociale et pas assez riches pour se payer des résidences privées», justifie Jérôme Guedj, président (PS) du conseil général de l’Essonne. Le bâtiment qui coûtera 15 millions d’euros à construire, devrait ouvrir au premier semestre 2013. 

50% des maisons de retraite sont privées

Concrètement, les élus essonniens comptent faire baisser la facture journalière des résidents à 59 euros (hors soins médicaux) grâce à l’acquisition du terrain, cédé par la ville de Morangis à moindre coût. «Nous avons aussi un enjeu de mutualisation. C’est pour cela qu’on créé un service départemental des maisons de retraite, avec des salariés employés par le conseil général. A terme, l’idée est d’arriver à un millier de places publiques en Essonne», poursuit Jérôme Guedj qui souhaite exporter le modèle au niveau national. Pour l’heure, outre celle de Morangis, deux autres maisons, aux Ulis et à Courcouronnes, sont dans les cartons.

Aujourd’hui, le département compte 9.000 places de maisons de retraite. 50% d’entre elles sont gérées par le secteur privé commercial et coûtent en moyenne 88 euros par jour, 30% par des associations (78 euros), et 20% sont publiques (68 euros).

«On a besoin du service public»

Si la facture sera 30% moins chère que dans un établissement privé, les élus récusent le terme de «low cost». «Ce n’est pas ça du tout. On a besoin du service public. Ailleurs, l’argent supplémentaire qui serait facturé irait enrichir les fonds de pension, actionnaires de ces établissements», s’indigne Pascal Noury, le maire (PS) de Morangis. «Il est primordial que les maisons de retraite médicalisées ne soient pas abandonnées au marché et que le service public puisse rivaliser avec les opérateurs privés», poursuit Jean-Vincent Placé, vice-président (EELV) du conseil régional d’Ile-de-France.

Pour autant, le coût mensuel d’une place dans cette maison de retraite s’élèvera à environ 1.800 euros. Un prix toujours supérieur aux montants moyens des retraites. «Faut être lucide. En dessous de ce prix-là, on ne pourrait pas garantir aux résidents le service exigé», reconnaît Jérôme Guedj.