Nombreuses manifestations pour alerter sur les violences faites aux femmes

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Manifestations, rassemblements, appel à porter la jupe, débats ou colloques émaillent vendredi la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, qui ont fait perdre la vie à 146 victimes en France en 2010.
Manifestations, rassemblements, appel à porter la jupe, débats ou colloques émaillent vendredi la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, qui ont fait perdre la vie à 146 victimes en France en 2010. — Alexander Klein afp.com

Manifestations, rassemblements, appel à porter la jupe, débats ou colloques émaillent ce vendredi la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, qui ont fait perdre la vie à 146 victimes en France en 2010. En France, une femme décède tous les deux jours et demi, victime de violence conjugale, a rappelé la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, en présentant la veille une campagne d'information sur la lutte contre violences conjugales, les viols et agressions sexuelles.

Selon une enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée en juillet, 663.000 femmes ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles entre 2008 et 2010. Pour changer la donne mais aussi attirer l'attention sur les violences faites aux femmes, de nombreuses initiatives vont rythmer la journée de vendredi dans toute la France.

Une gerbe symbolique en mémoire des femmes victimes de violence

Dans la matinée, Mme Bachelot s'est rendue sur le Parvis des droits de l'homme, au Trocadéro à Paris (XVIeme) avec les associations Paroles de femmes, Ni putes ni soumises (NPNS), Solidarité femmes, SOS racisme et la Confédération étudiante, afin de déposer une gerbe symbolique en mémoire des femmes victimes de violence.

«Nous portons en nous toutes ces femmes martyrisées. Les violences faites aux femmes ne sont pas des faits divers mais des crimes», a lancé la ministre, lors de cette cérémonie devant une cinquantaine de personnes parmi lesquelles des élus, des prêtres, des rabbins et des imams. L'écrivain Marek Halter a proposé de rebaptiser la place «Parvis des droits de l'homme et de la femme». «La cause des femmes, c'est notre cause à tous, car elle représente la moitié de l'humanité», a-t-il dit.

«La France se revendique comme la patrie des droits de l'Homme, elle doit être le phare contre le "féminicide"», a déclaré Jean-Michel Bouvier, le père d'une des deux touristes françaises tuées l'été dernier dans le nord de l'Argentine. A Paris, des débats et rencontres seront organisés dans plusieurs mairies. A l'Université Paris Diderot, un colloque tentera, sur deux jours, de répondre à la question: «Violences conjugales: pourquoi tant de résistance à en parler?»

Rendre le viol «visible dans le débat public»

Selon l'ONDRP, seulement 5% des femmes victimes de viol ou de tentative de viol de leur conjoint l'ont signalé à la police, et seulement 2% ont porté plainte. A 18h, le Collectif féministe contre le viol, Mix-Cité et l'association Osez le féminisme organisent place Igor Stravinsky, sur le Parvis de Beaubourg (IVeme arrondissement) un rassemblement contre le viol, afin de rendre le sujet «visible dans le débat public». La LMDE, mutuelle nationale étudiante, a aussi appelé l’ensemble des étudiants à rejoindre le rassemblement, soulignant que «les jeunes femmes sont particulièrement exposées aux violences».

Comme l'an dernier, Ni putes ni soumises réitère, elle, son appel à «se mettre en jupe». A 16h, un appartement relais sera inauguré dans le XXe, qui offrira des places d'hébergement pour les femmes victimes de violence. A Nantes, un colloque est organisé à la faculté de pharmacie sur le thème: «violences faites aux femmes... conséquences du sexisme ordinaire».

L'association gynécologie sans frontières et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français appellent les professionnels de santé à «soigner, éduquer et défendre les femmes lorsque le non-respect des droits essentiels a des conséquences sur leur santé». «Les crimes contre les femmes sont des crimes contre l'humanité. Tant que la sécurité et les libertés des femmes ne sont pas garanties, notre démocratie reste inaboutie», a aussi prévenu, dans un communiqué, l'Alliance des femmes pour la démocratie, présidée par Antoinette Fouque, appelant à un «Grenelle des femmes».