Colombes: Trois fusillades en une semaine sur fond de guerre des trafiquants

REPORTAGE En une semaine, trois fusillades liées à des trafics de stupéfiants ont fait quatre blessés...

William Molinié

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Plusieurs endroits du quartier du Petit-Colombes, fréquentés par des enfants, ont été le théâtre de coups de feu.
Plusieurs endroits du quartier du Petit-Colombes, fréquentés par des enfants, ont été le théâtre de coups de feu. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une trentaine d'enfants de 3 à 15 ans se trouvaient dans la bibliothèque place Aragon, mercredi vers 16h, à cinq mètres de l'endroit où la fusillade a éclaté. La troisième en une semaine à Colombes (Hauts-de-Seine). Au cours de ces événements, quatre individus ont été blessés. Les trois premiers au niveau des jambes, le dernier dans les fesses. Quatre victimes qui refusent de porter plainte et auxquelles les enquêteurs du 92 ont du mal à tirer les vers du nez. «A les entendre, ils n'ont rien vu et ne savent pas ce qu'il s'est passé», enrage un policier.

«Ils tirent en centre-ville»

Et pour cause, les victimes sont connues des services de police, principalement pour des trafics de stupéfiants. L'un d'entre eux avait même été interdit de territoire à Asnières, une ville voisine. «Ici, on ne laisse personne traîner dans les halls d'immeuble. Ces gamins ne sont pas de chez nous», confirme Hassen, un habitant de l'avenue du Général-de-Gaulle qui a prodigué les premiers secours lors de la fusillade du 16 novembre. «Faut qu'ils arrêtent. Ils tirent en centre-ville. Il y a des gosses, des mères, des innocents», s'indigne Fabrice, un agent RATP qui habite le quartier.

Dans la cité des Grèves, où la série de tirs a continué le 17 novembre, la gardienne de l'immeuble affiche aux murs la lettre ouverte du maire à Claude Guéant, ministre de l'Intérieur. «Les gens n'en parlent pas trop. Mais on sent qu'ils ont peur», perçoit Isabelle. L'incompréhension se lit dans les visages. «Les descentes de flics pour le shit, on connaissait. Mais là, sérieux, ça dépasse tout», lâche, médusée, Chérazade.

Les commerçants aussi sont inquiets. «On devait rester jusqu'à Noël mais on va partir», confie l'employé du manège, Place Aragon. Après les tirs d'avant-hier, un impact de balle a été retrouvé dans un haut-parleur de l'installation, en marche. Avec des enfants dessus.

Appel au rassemblement samedi dans la ville

La mairie de Colombes a appelé tous les habitants de la ville à se rassembler, samedi à 15h, sur la Place Aragon pour dire «stop à cette violence». «Nous allons demander au ministre une présence policière visible et plus de moyens pour le commissariat», explique le maire.