Affaire Karachi: Un nouveau témoin sème le trouble sur les relations entre Jean-François Copé et Ziad Takieddine

ENQUÊTE n témoin anonyme a parlé aux enquêteurs...

N.Bg.
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Jean-François Copé durant une convention UMP sur l'éducation, le 8 novembre 2011.
Jean-François Copé durant une convention UMP sur l'éducation, le 8 novembre 2011. — WITT/SIPA

Jean-François Copé est la cible d’une enquête sur ses rapports avec Ziad Takieddine, l’homme d’affaires franco-libanais au cœur du dossier Karachi, selon des informations publiées ce week-end par le Journal du dimanche. Le JDD évoque une enquête effectuée «en toute discrétion» par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire concernant les liens entre Copé et Takieddine. Selon l’hebdomadaire, les juges ont recueilli mi-octobre le témoignage d’une personne souhaitant rester anonyme qui, «dans le cadre de ses activités de consultant», a «rencontré plusieurs personnes» et «détient plusieurs informations» sur l’affaire Karachi.

Le procès-verbal rapportant l’audition de ce témoin, daté du 18 octobre, fait état de deux allégations fâcheuses pour le secrétaire général de l’UMP. L’existence d’un compte en Suisse, tout d’abord, ouvert en 2005 par la sœur de Jean-François Copé et qui aurait pu lui servir de «compte de passage», selon le témoin. La remise présumée d’argent en espèces, ensuite, de Ziad Takieddine à Jean-François Copé pour financer les travaux dans l’appartement que celui-ci possédait dans le XIXe arrondissement de Paris.

«Monstrueusement et totalement faux!»

Jean-François Copé a répondu vivement au contenu de ce témoignage anonyme: «Tout cela est monstrueusement et totalement faux!» a réagi le patron de l’UMP auprès du JDD. «Il n’a jamais été question d’argent entre Ziad Takieddine et moi, et je ne suis pas au courant d’un éventuel compte suisse de ma sœur.»

Au sujet de ce compte en banque, après vérification auprès de sa soeur, Jean-François Copé a confirmé son existence au JDD, affirmant qu’il n’était pas au courant, qu’il ne le concernait en rien, et qu’il n’avait servi que deux ans pour placer «un peu d’épargne de précaution, de l’ordre de 15.000 euros». Une commission rogatoire internationale a été ouverte, selon l’hebdomadaire, pour vérifier ces déclarations. Concernant l’argent donné pour financer les travaux dans l’appartement du XVIe, le maire de Meaux (Seine-et-Marne) admet qu’il y a eu des travaux, mais qu’il les a «entièrement payés par chèque». Là encore, selon le JDD, le juge Van Ruymbeke a demandé aux enquêteurs de vérifier l’exactitude de ces déclarations.