Agnès: Polémique après le meurtre d'une adolescente en Haute-Loire

FAITS-DIVERS Des questions autour du suivi du meurtrier présumé...

Avec Reuters

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Des camarades d'Agnès qui ont participé dimanche à la marche blanche
Des camarades d'Agnès qui ont participé dimanche à la marche blanche — C.VILLEMAIN / 20 MINUTES

Le viol et le meurtre d'une adolescente d'un lycée-collège de Haute-Loire donne lieu à une polémique.

L'établissement du Chambon-sur-Lignon où l'adolescente et le meurtrier présumé étaient tous deux scolarisés a en effet fait savoir dimanche qu'il ignorait que le lycéen qui a avoué les faits avait été impliqué dans une affaire de viol en 2010.

L'émotion suscitée par ce drame ainsi que les questions qu'il soulève, notamment sur l'efficacité du suivi judiciaire et psychiatrique dont le lycéen a fait l'objet, seront évoquées lundi lors d'une réunion à Matignon, où François Fillon recevra les ministres de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education nationale.

Le collège-lycée a découvert le passé du lycéen lors d'un point de presse donné samedi par le procureur chargé du dossier, a indiqué Jean-Michel Hieaux, vice-président de l'établissement, lors d'une conférence de presse.

"La direction du collège Cévenol a découvert, en même temps que les parents d'Agnès, en même temps que les élèves et leurs familles, l'effroyable vérité", a-t-il dit.

"Nous avions accepté dans notre établissement un jeune garçon convaincu de viol", a-t-il ajouté. "Nous sommes à la fois sidérés et indignés".

L'établissement savait simplement que le lycéen, âgé de 17 ans, avait été placé en détention mais ignorait pourquoi, a-t-il dit.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a déclaré que le ministre de la Justice, Michel Mercier, avait ordonné une enquête pour déterminer s'il y avait eu des négligences dans le suivi du lycéen.

"Face a ce drame affreux, le garde des Sceaux a ordonné une enquête pour savoir s'il y a eu défaillance ou non", a dit Claude Guéant sur France Inter.



MARINE LE PEN SE MÊLE AU DÉBAT

"La science psychiatrique n'est pas une science exacte. Ce garçon était sous contrôle judiciaire. La question est de savoir si toutes les précautions avaient été prises", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Le corps calciné de la collégienne, âgée de 13 ans, a été retrouvé vendredi dans un bois des environs du Chambon-sur-Lignon. Le lycéen qui a reconnu les faits a été mis examen. Une "marche blanche" s'est déroulée dimanche dans la commune.

L'affaire a également pris dimanche un tour politique quand Marine Le Pen y a réagi en proposant un référendum sur le rétablissement de la peine de mort et en s'y déclarant favorable pour "ceux qui tuent nos enfants".

"Il faut rompre avec des décennies de laxisme à l'égard de la délinquance", a déclaré sur Europe 1 la présidente du Front national avant d'appeler à "réduire le délai de traitement, notamment des crimes commis par les mineurs".

Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle de 2012 en France, a proposé en outre de demander aux Français s'ils souhaitaient le rétablissement de la peine capitale.

"Je crois que c'est un sujet dont les Français doivent se saisir", a-t-elle dit. "J'organiserai (si je suis élue) un référendum pour demander aux Français de faire le choix entre la peine de mort et la réclusion criminelle à perpétuité réelle.

"Je pense que ceux qui tuent nos enfants doivent risquer leur peau", a-t-elle ajouté.