Mort d'Agnès: Le suspect est accusé de meurtre avec préméditation et de viol

FAITS-DIVERS Selon le procureur de la République, le jeune homme était «muni d'objets qui lui ont permis de commettre le crime»...

C.C. et E.O., avec C.V. au Chambon-sur-Lignon
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La police scientifique à pied d'oeuvre dans la zone entourant la découverte d'un corps carbonisé, dans le cadre de la disparition de la jeune Agnès, dans les environs du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), le 19 novembre 2011
La police scientifique à pied d'oeuvre dans la zone entourant la découverte d'un corps carbonisé, dans le cadre de la disparition de la jeune Agnès, dans les environs du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), le 19 novembre 2011 — C.VILLEMAIN / 20 MINUTES

Au lendemain de la découverte du corps calciné d'Agnès, 14 ans, à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), le procureur de la République de Clermont-Ferrand a donné ce samedi quelques détails sur le déroulement des faits, et a indiqué que le suspect, âgé de 17 ans, était accusé d'assassinat et de viol.

«Cette enfant a été tuée dans des conditions atroces, et violée», a indiqué le procureur Jean-Yves Coquillat lors d'une conférence de presse, précisant ne pas souhaiter donner davantage de détails, par respect pour l'entourage la collégienne.

Le magistrat a par ailleurs annoncé qu'une information a été ouverte pour assassinat et viol sur mineur de 15 ans. Le jeune suspect était «muni d'objets qui lui ont permis de commettre le crime»,  a-t-il poursuivi, ajoutant que ces éléments «permettaient de penser et d'affirmer que le meurtre avait été commis avec préméditation».

Connu pour agression sexuelle

Le profil du principal suspect commence à se préciser. Ce samedi, le parquet a ainsi annoncé qu'il était sous contrôle judiciaire pour agression sexuelle. «Il avait violé une camarade de classe en août 2010», a indiqué le procureur lors de la conférence de presse. Il avait «purgé quatre mois de détention provisoire» puis «avait été libéré sous contrôle judiciaire», mais n'avait pas été condamné.

A l'issue de son incarcération, un psychiatre avait jugé que le jeune homme était «réinsérable». Selon le procureur, il respectait les conditions de son contrôle judiciare: vivre dans un pensionnat, bénéficier d'un suivi psychologique et psychiatrique, ne pas se rendre dans le Gard [où avait eu lieu l'agression en 2010] et rendre fréquemment visite à ses grands-parents.

Le jeune homme aura 18 ans à la fin de l'année. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Lors des auditions «il s'est montré très froid, sans émotion apparente», a indiqué Jean-Yves Coquillat. Il a reconnu avoir violé et violé Agnès avant de brûler son corps, mais ne donne aucune explication à son geste.

La mort de l'adolescente remonterait à mercredi, jour de sa disparition. Le procureur du Puy-en Velay, René Pagis, ainsi que son successeur en charge du dossier, sont venus sur la zone de la découverte afin de faire les premières constatations, avant l'arrivée d'un deuxième camion d'identification en provenance de Paris.

Le corps a été retrouvé dans un endroit «totalement inaccessible»

La collégienne en internat dans le collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon, n'avait pas donné signe de vie depuis mercredi soir. Le procureur du Puy-en-Velay a précisé que c'est le lycéen, placé en garde à vue depuis jeudi matin, qui a mené les gendarmes sur place. Le corps a été retrouvé dans un endroit «totalement inaccessible», selon René Pagis - dans un lieu très escarpé situé dans le bois à quelques dizaines de mètres de la route départementale 103, à 3 km du village, en direction de Tence.

Lors de sa garde à vue, le jeune homme de 17 ans, qui présentait des traces de griffures au visage, aurait reconnu avoir fait «une promenade» avec la jeune fille «pour y chercher des champignons hallucinogènes». Plusieurs élèves racontent par ailleurs l'avoir vu sortir de la forêt à côté de l'établissement mercredi. Dansun premier temps, le suspect a reconnu avoir «bousculé» Agnès.

Le procureur Jean-Yves Coquillat a indiqué que le suspect et la victime se connaissaient depuis plusieurs mois, parce qu'ils fréquentaient le même établissement.

Une marche blanche est prévue dimanche matin à 10h, en présence des parents de la collégienne, indique notre journaliste sur place.