Nord: Des éducateurs exercent leur droit de retrait après le suicide d'un de leurs collègues

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Environ 150 salariés d'une association d'action sociale de Dunkerque se sont rassemblés devant le siège de celle-ci et entendaient exercer leur droit de retrait après le suicide d'un éducateur sous le coup de sanctions, a constaté une correspondante de l'AFP.
Environ 150 salariés d'une association d'action sociale de Dunkerque se sont rassemblés devant le siège de celle-ci et entendaient exercer leur droit de retrait après le suicide d'un éducateur sous le coup de sanctions, a constaté une correspondante de l'AFP. — Sebastien Bozon afp.com

Environ 150 salariés d'une association d'action sociale de Dunkerque se sont rassemblés devant le siège de celle-ci et entendaient exercer leur droit de retrait après le suicide d'un éducateur sous le coup de sanctions, a constaté une correspondante de l'AFP.

Un salarié de l'Association d'action éducative et sociale (AAE), qui approchait la quarantaine, a été retrouvé pendu sous un pont à Dunkerque, selon Philippe Toulouse, délégué CGT à l'AAE, qui affirme que ce suicide est «lié à de mauvaises conditions de travail».

«Conditions de travail exécrables»

Les quelque 300 salariés de l'association entendaient exercer leur «droit de retrait collectif» pour «dénoncer des conditions de travail exécrables qui en arrivent à des drames comme aujourd'hui» et «en soutien à la famille» du défunt, a expliqué Philippe Toulouse.

Selon le responsable syndical, l'éducateur avait, lors d'une violente altercation dans laquelle il a eu «deux côtes cassées», répliqué physiquement à un jeune en difficulté. La direction de l'association avait dans un premier temps engagé une procédure de licenciement à l'encontre de l'éducateur, avant de faire «marche arrière», selon Philippe Toulouse. Les dirigeants de l'AAE voulaient le muter dans un service situé à plus de 30 kilomètres de chez lui et lui infliger un avertissement, a-t-il affirmé.

Il «avait signalé que ça n'allait pas»

«Il a culpabilisé parce qu'on lui disait qu'il ne savait pas faire son travail, parce qu'on lui mettait des pressions énormes», a dénoncé Philippe Toulouse, ajoutant que l'éducateur «avait signalé quelques jours jours auparavant que ça n'allait pas et qu'il allait probablement faire quelque chose».

Le salarié avait une femme et un enfant de 18 mois.

Selon le syndicaliste, un droit d'alerte avait été déposé «du fait le la montée des agressions des jeunes sur les éducateurs» et du fait de «pressions importantes» liées à une réorganisation des «pôles de l'association» entamée il y a un peu plus d'un an. Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avait demandé à ce sujet une expertise, qui avait été contestée par l'employeur. La direction de l'AAE n'avait pu être jointe jeudi après-midi par l'AFP.