Nord: Des éducateurs exercent leur droit de retrait après le suicide d'un de leurs collègues

© 2011 AFP
— 
Environ 150 salariés d'une association d'action sociale de Dunkerque se sont rassemblés devant le siège de celle-ci et entendaient exercer leur droit de retrait après le suicide d'un éducateur sous le coup de sanctions, a constaté une correspondante de l'AFP.
Environ 150 salariés d'une association d'action sociale de Dunkerque se sont rassemblés devant le siège de celle-ci et entendaient exercer leur droit de retrait après le suicide d'un éducateur sous le coup de sanctions, a constaté une correspondante de l'AFP. — Sebastien Bozon afp.com

Environ 150 salariés d'une association d'action sociale de Dunkerque  se sont rassemblés devant le siège de celle-ci et entendaient exercer  leur droit de retrait après le suicide d'un éducateur sous le coup de  sanctions, a constaté une correspondante de l'AFP.

Un salarié de  l'Association d'action éducative et sociale (AAE), qui approchait la  quarantaine, a été retrouvé pendu sous un pont à Dunkerque, selon  Philippe Toulouse, délégué CGT à l'AAE, qui affirme que ce suicide est  «lié à de mauvaises conditions de travail».

«Conditions de travail exécrables»

Les  quelque 300 salariés de l'association entendaient exercer leur «droit  de retrait collectif» pour «dénoncer des conditions de travail  exécrables qui en arrivent à des drames comme aujourd'hui» et «en  soutien à la famille» du défunt, a expliqué Philippe Toulouse.

Selon  le responsable syndical, l'éducateur avait, lors d'une violente  altercation dans laquelle il a eu «deux côtes cassées», répliqué  physiquement à un jeune en difficulté. La direction de l'association  avait dans un premier temps engagé une procédure de licenciement à  l'encontre de l'éducateur, avant de faire «marche arrière», selon  Philippe Toulouse. Les dirigeants de l'AAE voulaient le muter dans un  service situé à plus de 30 kilomètres de chez lui et lui infliger un  avertissement, a-t-il affirmé.

Il «avait signalé que ça n'allait pas»

«Il  a culpabilisé parce qu'on lui disait qu'il ne savait pas faire son  travail, parce qu'on lui mettait des pressions énormes», a dénoncé  Philippe Toulouse, ajoutant que l'éducateur «avait signalé quelques  jours jours auparavant que ça n'allait pas et qu'il allait probablement  faire quelque chose».

Le salarié avait une femme et un enfant de 18 mois.

Selon  le syndicaliste, un droit d'alerte avait été déposé «du fait le la  montée des agressions des jeunes sur les éducateurs» et du fait de  «pressions importantes» liées à une réorganisation des «pôles de  l'association» entamée il y a un peu plus d'un an. Le comité d'hygiène,  de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avait demandé à ce  sujet une expertise, qui avait été contestée par l'employeur. La direction de l'AAE n'avait pu être jointe jeudi après-midi par l'AFP.